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Zegama-Aizkorri 2026 : 25e anniversaire, Bellido et Irigoyen en patrons du KV

Par Marc Blanc·15 mai 2026·5 min de lecture
Zegama-Aizkorri 2026 : 25e anniversaire, Bellido et Irigoyen en patrons du KV

Pour ses 25 ans, la Zegama-Aizkorri ouvre le bal dans la boue : Bellido et Irigoyen ont remporté le kilomètre vertical de vendredi dans un état de piste redoutable, avant un marathon du 17 mai qui s'annonce comme le rendez-vous le plus relevé du début de saison GTWS.

La boue, d'abord. Avant même que le marathon ne s'élance ce dimanche 17 mai 2026, la Zegama-Aizkorri a montré ses dents sur le kilomètre vertical de vendredi : un tracé transformé en couloir de glisse, deux vainqueurs capables d'y imposer leur loi malgré tout, et une atmosphère qui résume ce que cette course représente depuis vingt-cinq ans.

Pour son 25e anniversaire, la Zegama-Aizkorri ne cherche pas à se rendre aimable. Selon Runners World ES, José Antonio Bellido et Naiara Irigoyen ont remporté le kilomètre vertical dans des conditions de terrain extrêmes, un "recorrido resbaladizo" qui a mis les engagés à rude épreuve dès le premier acte du week-end. iRunFar, présent en Pays basque pour couvrir l'ensemble de l'événement, parle d'un plateau marathon "blockbuster" pour cette édition anniversaire. Le tout dans un contexte Golden Trail World Series déjà électrique, avec l'ombre des performances d'Elhousine Elazzaoui et Sara Alonso en 2025 planant sur le peloton de départ.

Bellido et Irigoyen : la loi du barrizal basque

José Antonio Bellido et Naiara Irigoyen ont remporté le kilomètre vertical de la Zegama-Aizkorri 2026, selon Runners World ES, sur un parcours décrit comme un véritable terrain de glisse. Ce n'est pas une information anecdotique. Sur un KV, les appuis sont réduits au strict minimum, et chaque mètre de dénivelé se négocie entre puissance brute et sens technique. S'y imposer dans un état pareil, c'est confirmer une forme et une maîtrise qui compteront au moment d'analyser le marathon du lendemain. Le KV n'est pas un avant-goût décoratif : c'est le premier chapitre d'une histoire racontée sur deux jours, et souvent le plus révélateur.

Elite trail runners ascending a steep muddy mountain slope during the Zegama-Aizkorri vertical kilometer race in Basque

Vingt-cinq ans sans jamais s'assagir

iRunFar, qui a confirmé son déplacement en Pays basque, qualifie l'édition de "25th anniversary of the Zegama Marathon on Sunday." Un quart de siècle. Ce chiffre ne se lit pas comme un simple anniversaire de calendrier : il correspond à vingt-cinq éditions d'une course qui a contribué à définir ce que le trail de montagne courte distance peut être au plus haut niveau. Zegama n'est pas longue (un format marathon cache une course de montagne pure, loin de toute route goudronnée), mais elle exige une technicité de descente et une capacité à changer de régime que peu d'épreuves européennes réclament. Elle a révélé des générations entières de coureurs et construit un prestige qui déborde largement du Pays basque. Vingt-cinq ans sans jamais s'assagir : c'est presque une performance en soi.

L'étalon 2025 : quand Elazzaoui et Alonso avaient fixé la référence

Comprendre les enjeux de 2026 impose un retour sur l'édition précédente. Selon iRunFar, Sara Alonso avait remporté le marathon féminin en 4:27:25, repoussant Judith Wyder (4:29:47) et Malen Osa (4:31:18) dans un final serré — moins de quatre minutes séparant les trois premières. Sur la course masculine, Elhousine Elazzaoui s'était imposé dans une édition qui allait ensuite lancer l'une des séries GTWS les plus impressionnantes de la saison. Ces chiffres fixent l'étalon concret. Sur un marathon de montagne à ce profil, quatre minutes représentent des abîmes de différence dans la réalité du terrain. Tout prétendant en 2026 sait à quoi se mesurer.

Group of elite trail runners on a narrow rocky mountain path during a marathon race in the Spanish Basque Country, morni

La Golden Trail World Series : Zegama comme thermomètre de saison

Runners World ES a documenté comment Elazzaoui, après Zegama 2025, avait enchaîné les victoires à Broken Arrow puis au Tepec Trail au Mexique, pour totaliser 600 points et mener le classement masculin de la GTWS. Zegama structure logiquement le début du calendrier : c'est ici que les hiérarchies se dessinent, que les ambitions s'affichent ou s'effondrent avant les grandes manches estivales. La même publication souligne que Sara Alonso poursuit l'objectif d'être "la première Espagnole à remporter les Golden Trail World Series" — et que cette course cristallise des enjeux symboliques qu'aucune autre étape du circuit ne peut reproduire. Un plateau de cette densité en ouverture de saison, c'est exactement ce que le circuit espère générer chaque année.

L'ombre de Jornet : onze victoires, une échelle de mesure hors norme

Parler de Zegama sans évoquer Kilian Jornet reste impossible. Runners World ES rappelle que le Catalan a décroché son onzième titre sur cette course, ce qui constitue l'une des séries de domination les plus insolites de toute l'histoire du trail mondial. Pour mesurer ce chiffre : l'UTMB n'a jamais vu un coureur remporter plus de deux titres consécutifs dans l'ère moderne du circuit. Onze victoires sur le même parcours signifient onze fois avoir dominé des champs comprenant les meilleurs spécialistes mondiaux de chaque époque. Cette édition 2026, 25e du nom, sera une occasion supplémentaire de calibrer l'écart entre cette légende et les prétendants actuels, dans un format court où les secondes comptent davantage que les heures.

Point de vue éditorial : ce que cet anniversaire dit du trail en 2026

Zegama n'a pas besoin de son jubilé pour justifier son prestige. Mais vingt-cinq éditions dans la boue basque, ça mérite qu'on s'arrête sur ce que la course représente structurellement en 2026. Notre lecture : Zegama reste la seule épreuve de courte distance capable de concentrer un enjeu de circuit mondial, une charge symbolique historique portée par les 11 victoires de Jornet, et une ferveur locale que les grosses productions UTMB ne peuvent pas reproduire. Ce que le KV de vendredi a déjà montré, c'est que les conditions restent souveraines ici : aucun plateau, aussi relevé soit-il, ne négocie avec la montagne basque. Bellido et Irigoyen ont ouvert le bal dans la gadoue ; le marathon du dimanche déterminera si les hiérarchies de 2025 tiennent face à un peloton qui n'a pas fait le déplacement pour admirer le paysage.

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