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Zegama 2026 : 25e édition explosive, Alexandersson à l'assaut du record basque

Par Marc Blanc·15 mai 2026·5 min de lecture
Zegama 2026 : 25e édition explosive, Alexandersson à l'assaut du record basque

Pour son 25e anniversaire, le marathon de Zegama-Aizkorri réunit un plateau féminin capable de réécrire l'histoire. Alexandersson, Alonso, Bonnet : le Pays Basque s'enflamme.

Vingt-cinq ans. C'est l'âge qu'atteint le marathon de Zegama-Aizkorri ce dimanche 17 mai 2026. Un quart de siècle de crampes sur le basalte basque, de ferveur tribale sur les crêtes, et pour cette édition anniversaire, le plateau féminin pourrait simplement réécrire l'histoire de la course.

Pour sa 25e édition, Zegama s'offre un casting de premier ordre. La Suédoise Tove Alexandersson, championne du monde dans six disciplines différentes et désormais tournée vers le trail à plein temps, arrive avec des arguments concrets pour menacer le record de course de Nienke Brinkman, 4:16:43, établi en 2022. Derrière elle, Sara Alonso représente la fierté locale dans un événement qu'elle décrit comme une institution culturelle autant que sportive. Côté masculin, le Suisse Rémi Bonnet, ancien vainqueur, revient sur une course qu'il considère parmi les plus importantes de sa carrière. iRunFar est sur place depuis plusieurs jours pour une couverture en direct depuis le Pays Basque.

La 25e édition mérite son plateau, et voilà pourquoi

Les anniversaires ronds ne valent quelque chose que si le terrain y répond. À Zegama, il répond. La course s'est imposée comme une référence du mountain running européen, dans la même catégorie symbolique que Sierre-Zinal ou les classiques alpines de fin d'été. Vingt-cinq éditions de public massé sur les crêtes, d'une ambiance qui déborde largement le cercle des spécialistes. Le fait qu'iRunFar ait déployé une équipe pour une semaine complète de couverture live confirme que le rayonnement international de la course est désormais établi.

Elite mountain runners at the start of the Zegama-Aizkorri marathon, Basque Country, dramatic green mountain ridgeline u

Ce qui rend 2026 particulier, ce n'est pas le chiffre rond. C'est la présence d'une athlète dont le profil n'entre dans aucune case habituelle du mountain running.

Alexandersson en terrain trail : danger maximum ou pari osé ?

Tove Alexandersson ne court pas souvent sur trail. Mais quand elle le fait, les adversaires se demandent surtout comment se disputer la deuxième place. Selon iRunFar, sa première sortie de l'année 2026, sous ses nouvelles couleurs Salomon, s'est déroulée fin avril au Grand Raid Ventoux 50k en France : victoire avec 27 minutes d'avance. Certains nuanceront en pointant le niveau du peloton. Sauf qu'en 2025, la même Alexandersson a remporté le Short Trail des Championnats du Monde de trail avec près de 34 minutes d'avance, laissant Sara Alonso à la deuxième place. Sur une scène mondiale, avec les meilleures. Ce n'est pas une question de contexte.

Le palmarès ne s'arrête pas là : championne du monde dans six sports différents, de l'orientation au ski-alpinisme, deuxième des Championnats du Monde de course en montagne montée-descente en 2023. Selon l'entretien vidéo publié par iRunFar avant Zegama, elle a décidé de concentrer cette saison sur le trail comme discipline principale. Si la journée est dans ses cordes, le record de Brinkman, 4:16:43, entre dans le champ du possible.

La vraie question n'est pas sa capacité athlétique. C'est sa lecture de Zegama, un terrain technique qui exige une connaissance du relief que les chiffres de puissance ne remplacent pas.

Alonso, Zegama et l'identité basque comme carburant

Sara Alonso n'emprunte pas le même couloir qu'Alexandersson. Dans un entretien publié par iRunFar, elle explique que le Covid l'a convaincue de courir Zegama "au moins une fois dans sa vie". Elle a découvert qu'elle était douée. Elle s'est professionnalisée l'année suivante via les Golden Trail Series. Trajectoire rapide, apprise sur le tas.

Female trail runner in race kit climbing steep exposed rocky ridge, Basque mountain landscape with deep green valley bel

Zegama n'est pas une course pour elle. C'est une appartenance. La course est inscrite dans le paysage culturel basque avant d'exister dans un calendrier sportif. Le public sur les crêtes ne regarde pas un événement : il vit quelque chose que Sara Alonso connaît dans ses os. Cette charge émotionnelle peut être un avantage ou un poids. Les deux, probablement.

Sur le papier, après sa deuxième place aux Mondiaux 2025 derrière Alexandersson, Alonso est la candidate la mieux placée pour la troubler.

Bonnet et l'expérience comme capital tactique

Côté masculin, iRunFar documente le retour de Rémi Bonnet sur la ligne de départ. Le Suisse est un ancien vainqueur de Zegama, et il revient sur une course qu'il décrit comme l'une de celles qui comptent vraiment. Dans son entretien pré-course publié par iRunFar, il parle d'un lien particulier avec l'épreuve, au-delà de la seule logique de performance.

L'expérience sur ce type de terrain a une valeur que les data pré-course peinent à chiffrer. Connaître les pièges, savoir où économiser, où lâcher : c'est précisément ce que Zegama sanctionne ou récompense.

Les données historiques dessinent une course à double lecture

Une analyse publiée par iRunFar, construite sur les résultats des éditions précédentes, éclaire les logiques de victoire à Zegama. En 2024, Kilian Jornet a remporté la course chez les hommes en menant pratiquement depuis le départ, avec une régularité chirurgicale. Sylvia Nordskar, victorieuse chez les femmes la même année, a pris la tête après 13 kilomètres et a accéléré dans la seconde moitié. Deux approches radicalement différentes, deux victoires.

Ce que révèle l'analyse d'iRunFar, c'est que la course féminine à Zegama a produit historiquement davantage de victoires en remontant le classement que la course masculine. Chez les hommes, le pattern dominant ressemble à celui de Jornet : partir fort, rester devant, contrôler. Chez les femmes, la fenêtre tactique est plus large. Ce qui signifie qu'Alexandersson n'a pas besoin de dicter le rythme dès le premier col pour l'emporter dimanche. Ni Alonso.

Pourquoi cette édition dit quelque chose de plus large

Notre lecture est nette : Zegama 2026 est l'une des éditions les plus intéressantes à suivre depuis plusieurs années, et pas seulement pour le nombre anniversaire. La présence d'Alexandersson soulève une question structurelle que le trail commence à peine à formuler : jusqu'où le multisport d'élite peut-il bousculer les hiérarchies établies dans des courses à fort capital technique ? Son profil dépasse la curiosité anecdotique. Si elle gagne dimanche sur ce terrain basque qui ne pardonne rien, ce ne sera pas un accident de parcours. Ce sera la confirmation que les frontières entre disciplines sportives sont moins étanches qu'on ne le croit, et que le mountain running, tout spécifique qu'il soit, n'est pas à l'abri d'une athlète qui absorbe les codes à vitesse accélérée. Pour les spécialistes du secteur, ce serait un signal à ne pas minimiser.

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