Le media trail de référence

Zegama 2026 fête ses 25 ans : Pattis vise le titre, Bonnet menace, Angermund revient

Par Marc Blanc·15 mai 2026·5 min de lecture
Zegama 2026 fête ses 25 ans : Pattis vise le titre, Bonnet menace, Angermund revient

La 25e édition du Zegama-Aizkorri Marathon, le 17 mai 2026 dans le Pays Basque espagnol, réunit un plateau élite d'une densité rare. Analyse des forces en présence avant un rendez-vous qui remet les hiérarchies du mountain running en question.

Vingt-cinq éditions. Deux mille sept cents mètres de dénivelé en 42 kilomètres. Et cette certitude intacte : Zegama ne pardonne pas les demi-mesures. Ce dimanche 17 mai 2026, le petit village basque concentre les meilleures jambes du mountain running mondial pour une édition anniversaire que la montagne attendait.

Selon iRunFar, qui couvre l'événement en direct, des dizaines de milliers de spectateurs sont attendus sur les crêtes et dans la vallée entourant Zegama. Le départ est fixé à 9h00 heure locale. Daniel Pattis (Italie, Brooks), troisième l'an passé en 3h51'40", débarque avec le statut de prétendant le plus solide du plateau. Rémi Bonnet, champion du monde de course en montagne uphill en 2025, représente la grande inconnue de la course. Et Stian Angermund, Norvégien de retour après une suspension de 16 mois pour dopage, tente de confirmer que sa reconstruction n'est pas un mirage.

La 25e édition : un anniversaire qui n'a besoin d'aucune surenchère

Zegama n'a jamais eu besoin de se réinventer. La course a grandi sans changer de format, sans allonger la distance, sans multiplier les catégories. Quarante-deux kilomètres, 2 700 m de D+, un village, une montagne, et ce bruit de foule unique sur les crêtes basques. Selon iRunFar, l'édition 2026 se présente avec un plateau élite qualifié d'exceptionnel et un week-end festif de grande envergure.

Elite mountain trail runners at the starting line in Zegama small Basque village Spain, early morning golden light, ston

C'est précisément là que réside la force du modèle Zegama : l'anniversaire n'altère rien à la course, il en amplifie simplement la charge symbolique. Là où d'autres événements grandissent en cherchant à devenir plus extrêmes, Zegama a compris depuis longtemps que la radicalité n'est pas une affaire de distance.

Pour comparaison, Sierre-Zinal propose un format et une atmosphère spectateur similaires sur 31 km en Valais suisse. Mais sur cette 25e édition, Zegama s'impose comme l'étalon absolu du mountain running européen à format court. L'histoire lui donne raison.

Pattis : le candidat logique d'une domination italienne à confirmer

Daniel Pattis arrive à Zegama avec le profil du favori structurel. Sa 3e place en 2025 en 3h51'40", confirmée par les données publiées par Esprit Trail et iRunFar, témoigne d'une aisance réelle sur ce terrain. Mais c'est sa saison 2026 qui convainc davantage : selon le preview d'iRunFar, il a déjà couru au moins quatre courses cette année, dont une 2e place au Chianti 46k à seulement 94 secondes du vainqueur Francesco Puppi.

Ce rythme de compétition précoce et soutenu dessine le profil d'un athlète qui construit sa forme en course, pas en camp d'altitude. C'est exactement ce que Zegama réclame.

En 2025, Pattis avait dominé le secteur technique de Sancti Spiritu avant d'être débordé dans la dernière montée par Elhousine Elazzaoui, vainqueur final en 3h43'28". Cette séquence révèle une certitude et une limite : Pattis gère le terrain difficile avec maestria, mais son finish quand la pente ne lâche plus reste le point à prouver en 2026.

Rémi Bonnet : le champion du monde uphill comme inconnue de taille

L'arrivée de Rémi Bonnet modifie l'équation de façon significative. Le Suisse est champion du monde de course en montagne (format uphill) 2025, selon iRunFar. Sur un parcours qui alterne montées brutales et descentes cassantes comme Zegama, un pur grimpeur de cet acabit représente un danger réel dans les segments ascendants.

La question est connue pour les spécialistes de l'uphill : les descentes techniques du circuit basque constituent-elles un obstacle ou simplement un défi gérable ? Bonnet n'est pas un coureur unidimensionnel, mais personne ne peut affirmer avec certitude que ses descentes sont au niveau de ses montées.

Male trail runner at full effort on steep rocky mountain ridge in Basque Country Spain, surrounded by low clouds, race b

Si Bonnet réussit à minimiser ses pertes dans les portions descendantes et à creuser un écart dans les ascensions, il peut jouer la victoire. Dans une 25e édition sous les projecteurs, un vainqueur venu du monde de la montagne pure ferait une histoire parfaite.

Lorenzo Beltrami et la pression italienne du collectif

L'Italie pourrait aligner deux hommes dans le top 5. Lorenzo Beltrami, 5e en 2025 en 3h54'58", a enchaîné une 3e place à l'Andersen Marathon Trail et une 2e place à l'Istria 42k en 2026. Ce qu'iRunFar souligne dans son analyse d'avant-course, c'est que dans ces deux compétitions, Beltrami a été battu par des adversaires également présents à Zegama. Les hiérarchies ont déjà été dessinées avant même le départ basque.

Beltrami court dans l'ombre de Pattis, mais cette position peut devenir un atout tactique. Si Pattis s'emballe en tête, Beltrami peut gérer, attendre les erreurs de tempo et frapper dans les dix derniers kilomètres. C'est le scénario d'une course italienne à deux têtes, capable de monopoliser le podium si l'exécution est propre.

Angermund : le retour qui pose des questions légitimes

Le cas Stian Angermund est le plus complexe du plateau 2026. Le Norvégien avait purgé une suspension de 16 mois après un contrôle positif à l'agent masquant chlortalidone lors de l'OCC 2023, comme l'a documenté iRunFar dans son compte-rendu des résultats 2025. Revenu à Zegama l'an passé, il avait terminé 9e en 3h59'46", dans les dix premiers mais à plus de 16 minutes du vainqueur.

Sa présence en 2026 pose une question directe : ce retour progressif lui a-t-il permis de retrouver un niveau de contention pour le podium ? Rien dans les sources disponibles ne permet de l'affirmer. Sa place dans la course reste une variable, pas un enjeu central.

Ce qui est notable, c'est la normalité de sa présence. La communauté du mountain running lui donne la place de concourir sans en faire un cas particulier. Dans un sport où la mémoire des affaires de dopage est tenace, cette réintégration fluide dit quelque chose sur la trajectoire d'un athlète qui fait le travail de reconstruction sans en réclamer le crédit.

Notre lecture : Zegama a 25 ans et n'a toujours besoin de personne pour exister

La 25e édition du Zegama-Aizkorri Marathon est l'illustration d'un événement qui a construit sa pérennité sur l'identité plutôt que sur l'expansion. Pas de distances gonflées, pas de formats "premium", pas de marketing déconnecté du terrain. Juste la montagne, le village, la foule et des coureurs qui savent précisément ce qu'ils viennent chercher ici.

L'arrivée de Bonnet dans le plateau 2026 est un signal fort : Zegama attire désormais des athlètes venus de disciplines connexes, signe d'un rayonnement qui dépasse le trail running traditionnel. C'est une très bonne nouvelle pour la course, pas une menace pour son identité.

Le plateau 2026 mérite largement le symbole de l'édition jubilée : 4,5/5 pour la densité et la diversité des profils engagés. L'enjeu sportif est réel, l'histoire aussi.

Catégorie

Courses & Récits

Récits de course et comptes rendus

Tous les articles →