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Zegama 2026 : 3 km et 1 015 m de D+ pour ouvrir le week-end le plus exigeant du trail européen

Par Marc Blanc·15 mai 2026·5 min de lecture
Zegama 2026 : 3 km et 1 015 m de D+ pour ouvrir le week-end le plus exigeant du trail européen

Le 15 mai 2026, le Kilomètre Vertical de Zegama lance un week-end à double intensité sur le massif d'Aizkorri, avant le marathon du 17 mai. Décryptage des enjeux.

Trois kilomètres. Mille quinze mètres de dénivelé positif. Ce jeudi 15 mai 2026, les pentes du massif d'Aizkorri accueillent le Kilomètre Vertical de Zegama. Ce n'est pas une mise en bouche pour le dimanche : c'est une épreuve qui dit, en moins d'une heure, tout ce qu'un coureur a vraiment dans les jambes.

Le week-end de Zegama-Aizkorri 2026 s'ouvre sur ce VK avant le marathon du 17 mai, 42 kilomètres et 2 736 mètres de dénivelé positif sur les sommets du Pays Basque espagnol. La boucle emprunte quatre crêtes majeures, Aratz, Aizkorri, Aitxuri et Andraitz, avant de revenir au village de Zegama. L'édition 2025 avait vu s'imposer le Marocain Elhousine Elazzaoui sur le marathon, selon la couverture live d'iRunFar. Pour 2026, le même média identifie la Suédoise Tove Alexander parmi les dossiers féminins à surveiller. Le niveau d'entrée reste parmi les plus élevés du calendrier européen de trail.

Le VK, un format court qui ne tolère aucun mensonge

Un Kilomètre Vertical n'autorise pas la stratégie. Sur 1 015 mètres de dénivelé concentrés en 3 kilomètres, l'intensité atteint et maintient le voisinage du VO2 max pendant près d'une heure pour les meilleurs. Il n'y a pas de relance, pas de zone de confort, pas de descente pour récupérer. Le terrain basque, souvent humide, techniquement irrégulier, ajoute une composante qui discrimine les coureurs de montagne pure des spécialistes de l'ascension sur sentier dégagé.

Trail runners in competitive race sprinting uphill on steep narrow rocky mountain path in Basque Country Spain, early mo

Les données publiées sur utmb.world pour l'édition 2025 du VK de Zegama donnent une mesure concrète du plateau. Le coureur espagnol David Viloria, catégorie 40-44 ans, avait terminé 57e sur 213 participants en 45:35. Sa compatriote Estela Guerra, 20-34 ans, avait quant à elle décroché la 8e place du classement féminin sur un plateau de 40 finishantes, en 49:17. Ces repères situent l'échelon compétitif moyen-haut de l'épreuve. Le vainqueur absolu tourne généralement sous les 40 minutes sur ce profil de montée.

Quatre jours plus tôt, Transvulcania donnait le ton

Avant de regarder les pentes d'Aizkorri, un étalon de forme s'impose. Le 11 mai 2026, iRunFar publiait dans sa rubrique "This Week in Running" les résultats du VK de Transvulcania, couru sur l'île de La Palma. Le Kenyan Richard Omaya Atuya a remporté l'épreuve en 45:01, devant ses compatriotes Philemon Kiriago (47:33) et Ephantus Mwangi Njeri (47:39). Côté féminin, Joyce Njeru (Kenya) s'est imposée en 55:02, talonnée par la Britannique Kirsty Skye Dickson (55:37) et Ruth Gitonga (Kenya) en 58:00.

Ces résultats ne concernent pas directement Zegama. Mais ils dessinent l'état de forme des spécialistes de la montée pure à la mi-mai 2026. Le Kenya occupe les trois premières places du podium masculin de Transvulcania, séparés de seulement 2:38 au total. Si ces mêmes coureurs figurent au départ du VK basque, leurs chronos de La Palma constituent la première référence de comparaison disponible.

Le massif d'Aizkorri, un filtre physique et culturel

Zegama n'est pas un VK de stade ni de sentier aménagé. Le massif impose ses propres conditions. Selon le preview 2026 d'iRunFar, le tracé du marathon mêle des sections extrêmement techniques à des portions de single track et de double track courus à pleine vitesse. Ce que cela dit de la montée du VK : la précision de pied pèse autant que la puissance musculaire. Un coureur qui perd son appui une fois sur deux sur rocher mouillé ne compensera pas à la force brute.

Dense crowd of enthusiastic Basque spectators tightly lining both sides of steep narrow mountain trail, lone trail runne

La montée de Sancti Spiritu, que les marathoniens atteignent au 20e kilomètre, est devenue l'image iconique de l'événement. Six cents mètres de pente, bordés d'une foule de supporters basques qui forment ce que la presse internationale a baptisé le "mur de bruit", selon iRunFar. Le VK n'atteint pas Sancti Spiritu, mais il prépare les jambes et les têtes à cette géographie. Ceux qui ont déjà souffert jeudi montent dimanche avec une mémoire musculaire différente.

2 736 mètres de D+ : la mécanique d'une course à part

Le marathon du 17 mai mérite d'être replacé dans ses proportions exactes. Selon le preview d'iRunFar, les 42 kilomètres de parcours incluent 2 736 mètres de dénivelé positif, soit en moyenne 65 mètres de montée par kilomètre. Pour donner l'échelle : c'est l'équivalent d'environ 274 étages de dénivelé à gravir sur la distance d'un marathon classique, plus de trois fois ce qu'accumule un marathon sur route standard.

Les 16 premiers kilomètres sont quasi exclusivement ascendants vers Aratz. Vient ensuite la descente, la remontée vers Sancti Spiritu, un nouveau dénivelé négatif, puis une descente finale de 12 kilomètres vers Zegama. C'est cette dernière section qui départage régulièrement les favoris : qui a conservé ses quadriceps après deux heures de montagne technique ? La réponse se lit aussi dans les jambes du VK du jeudi. Courir les deux épreuves en 48 heures, c'est un choix tactique autant qu'un test de récupération.

Zegama révèle ce que le trail a de plus honnête

Notre lecture : le VK de Zegama n'est pas un accessoire de programme. C'est une épreuve à part entière qui met en lumière une physique différente de celle du trail long, et dont les résultats éclairent directement la lecture du marathon du dimanche. En 2026, la domination kenyane sur le format montée pure, visible à Transvulcania début mai, annonce un plateau potentiellement compétitif d'un nouveau type sur les pentes d'Aizkorri : des spécialistes venus de la haute montagne africaine qui défient les Européens sur leur propre terrain.

Plus largement, Zegama illustre ce que le trail de montagne a de meilleur : un terrain qui sélectionne par lui-même, sans mise en scène artificielle. Le Pays Basque n'a pas besoin d'être embelli. Les quatre sommets du massif, le froid de mai, la pente brute du VK, font le travail. Que ce week-end reste une référence deux décennies après sa création, dans un calendrier où les courses se multiplient, dit quelque chose de fondamental sur ce que les coureurs cherchent vraiment.

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