Le media trail de référence

Zegama 2026 : Angermund, Pattis et l'enjeu du 17 mai au Pays Basque

Par Marc Blanc·13 mai 2026·5 min de lecture
Zegama 2026 : Angermund, Pattis et l'enjeu du 17 mai au Pays Basque

Le 17 mai 2026, Zegama-Aizkorri relance le débat sur la hiérarchie du mountain running européen. Stian Angermund, Rémi Bonnet et Daniel Pattis se retrouvent sur 42 km et 2700 m de dénivelé positif pour une édition à fort enjeu symbolique.

Stian Angermund arrive à Zegama avec deux titres mondiaux et un bilan récent difficile à défendre. Daniel Pattis, lui, a déjà couru au moins quatre courses en 2026. Ces deux trajectoires opposées disent presque tout des enjeux du 17 mai au Pays Basque.

Le Zegama-Aizkorri Marathon s'élance le 17 mai 2026 sur son parcours emblématique : 42 km, 2700 m de dénivelé positif dans les montagnes basques espagnoles, profil sans concessions. L'édition 2025 avait livré une image forte. Elhousine Elazzaoui (Maroc) vainqueur en 3h43, plus de sept minutes devant Andreu Blanes, selon iRunFar : moins une course qu'une démonstration. Pour 2026, la liste élite aligne Stian Angermund (Norvège), double champion du monde de short trail en quête de réhabilitation, Daniel Pattis (Italie), troisième l'an passé, Rémi Bonnet (Suisse), champion du monde de montée 2025, et Lorenzo Beltrami (Italie). Un plateau qui, sur le papier, promet enfin une lutte ouverte au sommet.

Elazzaoui 2025 : une domination qui fixe le niveau

En mai 2025, Elhousine Elazzaoui n'avait pas gagné Zegama : il l'avait tranché seul. Vainqueur en 3h43, plus de sept minutes devant Blanes (3h50) et Pattis (3h51), le Marocain avait imposé un tempo auquel personne n'avait pu répondre, selon le compte rendu d'iRunFar. Runners World Italia rapportait que la décision avait été prise dès la montée de Sancti Spiritu, où Elazzaoui avait repris et dépassé Blanes avant d'accélérer encore sur la dernière ascension.

Italian mountain runner ascending a steep grassy slope at Zegama Aizkorri Marathon, focused race expression, other compe

Sept minutes d'écart sur 42 km de mountain running, c'est considérable. Sur Sierre-Zinal, course de référence du circuit, les meilleures éditions voient moins de deux minutes entre le premier et le cinquième. Ce chiffre dit quelque chose sur l'état de forme d'Elazzaoui en 2025, mais aussi sur l'absence de résistance collective d'un plateau qui n'avait pas trouvé les ressources pour l'inquiéter.

La question pour 2026 n'est pas de savoir qui peut gagner à sa place. C'est de savoir si le plateau est assez relevé pour que la course existe vraiment jusqu'au bout.

Angermund, la question qui mérite une réponse claire

Stian Angermund est l'homme le plus difficile à évaluer du plateau. Le Norvégien est double champion du monde de short trail, 2022 en Thaïlande et 2023 en Autriche : une légitimité historique qui justifie sa présence dans n'importe quelle analyse. Mais iRunFar rappelle qu'Angermund a purgé une suspension de 16 mois après un contrôle positif au chlortalidone, un agent masquant, lors de l'OCC 2023 en France. Ses résultats depuis son retour ne plaident pas pour une forme retrouvée : 26e à Sierre-Zinal 2025, 9e à Zegama 2025. Aux championnats du monde de short trail 2025, toujours selon iRunFar, il avait abandonné en cours de course.

Ce n'est pas un champion en pleine renaissance. C'est un coureur qui cherche encore ses repères sur des formats où les marges d'erreur sont infimes. Zegama, avec ses 2700 m de D+, ses crêtes et ses descentes pierreuses, ne pardonne rien à qui manque de puissance musculaire ou de confiance technique.

Notre lecture : Angermund peut surprendre, notamment si son travail de montée est redevenu élite. Mais le présenter comme un favori serait prématuré. Il a encore besoin d'une référence concrète, d'un résultat de haut niveau sur une course majeure. Zegama pourrait être ce résultat — ou la confirmation que la reconstruction prend plus de temps que prévu.

Pattis, le candidat le mieux préparé pour la victoire

Daniel Pattis est, à ce stade de la saison 2026, le coureur le plus régulier du plateau. Troisième à Zegama en 2025 en 3h51, l'Italien a déjà aligné au moins quatre courses cette année, selon la présentation publiée par iRunFar. La plus récente : une deuxième place au Chianti 46k, à 94 secondes du vainqueur Francesco Puppi. Ce n'est pas une victoire, mais c'est la marque d'un athlète actif, concentré, qui teste ses limites au bon moment.

Pattis n'est pas un coureur de vitesse pure. Il excelle dans les sections techniques, là où la lecture du terrain prime sur la puissance brute. Sancti Spiritu avait justement été son point fort en 2025, avant qu'Elazzaoui ne force l'allure dans le dernier tiers. Si le niveau d'ensemble du plateau 2026 permet une course plus disputée, Pattis a toutes les qualités pour franchir le cap et ne plus se contenter du podium.

Bonnet et Beltrami : les outsiders qui refusent ce rôle

Rémi Bonnet est la pièce la plus intrigante du puzzle. Champion du monde de montée 2025 (World Mountain Running Championships Uphill), selon iRunFar, le Suisse est redoutable dans tout ce qui monte. La question est celle des descentes et des sections techniques, qui représentent une part significative du parcours de Zegama. L'histoire du mountain running enseigne que les grimpeurs purs peuvent exceller sur ce format. Bonnet n'a pas le palmarès de Kilian Jornet, mais son profil laisse penser qu'il peut créer la surprise si ses appuis tiennent dans les zones descendantes.

Lorenzo Beltrami, cinquième en 2025, a travaillé sa préparation 2026 avec méthode : troisième à l'Andersen Marathon Trail, deuxième à l'Istria 42k, toujours selon iRunFar. Dans les deux cas, il s'est incliné face à des concurrents également inscrits à Zegama, dont Pattis. La hiérarchie interne au contingent italien sera l'un des fils à suivre tout au long de la journée.

Ce que Zegama 2026 mesure au-delà du classement

Zegama n'est pas seulement une course de montagne. C'est un test de légitimité pour ceux qui prétendent s'imposer au sommet du mountain running européen. Quarante-deux kilomètres et 2700 m de D+, soit environ deux fois le dénivelé positif d'un marathon alpestre classique, distribués sur un profil qui alterne crêtes exposées et couloirs rocheux. Ce format filtre les athlètes avec une précision redoutable.

Ce que l'édition 2026 va mesurer, c'est si la discipline retrouve une profondeur de plateau après une saison 2025 marquée par une domination sans partage. Un podium resserré, avec moins de trois minutes entre premier et troisième, enverrait un signal fort sur la densité du circuit. Un solo d'Angermund ou de Bonnet dirait autre chose : que le mountain running européen peut encore être surpris par des profils atypiques, et que les certitudes prématurées n'ont pas leur place à Aizkorri.

Zegama 2026 est, pour plusieurs carrières simultanément, une épreuve du feu. Angermund y joue une partie de sa réputation de champion du monde. Pattis y teste sa capacité à franchir le cap de la victoire sur une grande classique. Bonnet y prouve si la montée pure suffit à gagner sur un tel parcours. Notre position est simple : le plateau 2026 est objectivement plus serré que l'édition précédente, et c'est une bonne nouvelle pour la course elle-même. Mais tant qu'Elazzaoui plane comme référence au-dessus du champ, la question centrale reste la même : qui est prêt à courir à 3h43 au Pays Basque ?

Zegama-Aizkorrimountain runningStian AngermundDaniel PattisPays Basque

Catégorie

Courses & Récits

Récits de course et comptes rendus

Tous les articles →