Le media trail de référence

Western States 100 : Jim Walmsley annonce son retour sur 161 km de Sierra Nevada

Par Marc Blanc·2 mai 2026·4 min de lecture
Western States 100 : Jim Walmsley annonce son retour sur 161 km de Sierra Nevada

Jim Walmsley sera au départ de la Western States 100. Son retour sur les sentiers californiens ne se résume pas à une inscription : c'est la réunion d'un coureur et d'une course qui se sont construits l'un l'autre.

Jim Walmsley à Western States, ça n'est jamais une simple inscription sur une liste de départ. C'est une déclaration d'intention qui redistribue instantanément les enjeux de la course et met tout le plateau face à une question brutale : qui est capable de le suivre ?

Selon u-Trail, Jim Walmsley sera bien au départ de la prochaine Western States 100. Cent miles, soit 161 kilomètres entre Squaw Valley et Auburn en Californie : l'épreuve la plus mythique de l'ultra-trail mondial retrouve son coureur le plus identifié à son histoire récente. Multi-lauréat de la course et recordman du parcours avec 14h09'28'' établi en 2019, Walmsley entretient avec Western States une relation qui déborde le strict cadre sportif. Un embranchement raté en 2016, plusieurs années de domination absolue, une parenthèse européenne à Chamonix : le récit est déjà écrit. Il reprend.

2016 : l'erreur qui a fondé une carrière entière

Rares sont les défaites qui fabriquent un mythe. Celle de Walmsley en 2016 à Western States appartient à cette catégorie. Il courait à un rythme que personne n'avait encore osé soutenir sur cette distance, en avance sur le record du parcours, déjà loin devant le reste du plateau. Un embranchement mal pris, à quelques miles du but, dans le dernier tiers d'une course déjà gagnée dans tous les esprits. La course s'arrête là.

Elite male trail runner in Hoka racing flats charging up dry dusty Sierra Nevada single track at golden sunrise, granite

Ce genre de mésaventure aurait pu détourner un coureur de l'épreuve pour de bon. Chez Walmsley, ça a fonctionné à l'envers. Revenir à Western States est devenu une nécessité, presque une résolution confirmée course après course. La réponse physique à une blessure psychologique. Trois ans plus tard, en 2019, il pulvérisait le record du parcours en 14h09'28''. Un temps qui tient encore aujourd'hui, face à tous les challengers.

Ce que 14h09'28'' signifie vraiment sur 161 km

Presque quatre marathons, en montagne, en altitude, sous la chaleur californienne. C'est l'équivalent de ce que Western States exige, et c'est l'étalon auquel Walmsley a fixé sa propre barre en 2019. Le dénivelé négatif de la course avoisine les 7 000 mètres — plus que la descente cumulée de nombreux ultras alpins réputés difficiles. C'est sur ce type de terrain que les quadriceps lâchent, que les chevilles flanchent, que le cerveau commence à négocier avec la douleur.

Western States n'est pas le trail le plus technique du circuit mondial. Pas de passage de crête exposé, pas de terrain glaciaire. Mais la chaleur, les longues sections de single track roulant et la distance pure en font un révélateur brutal des limites de l'endurance humaine. Walmsley a résolu cette équation plus vite que quiconque dans l'histoire de la course.

Ce qui rend ce record particulièrement éloquent, c'est sa longévité. Depuis 2019, plusieurs des meilleurs coureurs de l'ultra mondial ont tenté de se mesurer à Western States. La marque de Walmsley est restée intouchable. À Hardrock comme à l'UTMB, les records ont bougé. Ici, non. Ce type de performance qui résiste au temps et aux challengers successifs est la signature des coureurs qui ont réinventé leur discipline, pas seulement pratiqué.

Western States 100 mile ultramarathon aid station at night, exhausted male runner sitting in chair surrounded by crew vo

Chamonix, l'UTMB et l'éloignement progressif de la Sierra Nevada

La géographie sportive de Walmsley a évolué ces dernières années. Établi à Chamonix, il a élargi ses ambitions au-delà des sentiers californiens, intégrant le circuit européen avec l'UTMB comme nouvel horizon. Un quotidien d'entraînement sur les pentes du Mont-Blanc, une présence moins régulière à Auburn : son profil sportif est devenu moins exclusivement américain, ce qui représente une évolution notable par rapport à l'image du spécialiste des 100 miles californiens.

Cette période d'éloignement relatif rend son retour d'autant plus chargé de sens. u-Trail confirme sa présence au départ sans préciser les détails de sa préparation ni ses objectifs déclarés. Ce silence est cohérent avec le personnage : Walmsley ne communique pas, il court. Ses déclarations d'intention s'expriment en kilomètres et en fractions de secondes. La mention concomitante de la Hoka Cielo X1 3.0 par u-Trail, la chaussure de compétition la plus légère de la gamme, laisse peu de doute sur l'état d'esprit dans lequel il aborde ce retour.

Ce retour révèle la tension permanente entre scène américaine et circuit européen

Western States est la plus ancienne grande course d'ultra-trail au monde. Elle a précédé l'UTMB de plusieurs décennies, posé les bases conceptuelles du 100 miles comme distance de référence et forgé une culture de la performance sur très longue distance qui a influencé toute la planète trail. Mais la scène européenne, portée par le réseau UTMB et ses partenaires commerciaux, a capturé une large part de l'attention médiatique et des investissements de marques ces dernières années. Des coureurs comme Walmsley, américains de formation mais européens d'adoption, incarnent cette recomposition du paysage mondial.

Son retour envoie un signal précis : Western States garde sa puissance d'attraction absolue, y compris pour ceux qui auraient pu se construire un calendrier entièrement européen. La course a besoin de ses interprètes naturels pour retrouver sa tension maximale. Walmsley est celui-là. Comme Kilian Jornet l'est pour Hardrock, comme Courtney Dauwalter l'incarne sur Western States au féminin : certains coureurs et certaines courses s'appartiennent d'une façon que les seuls résultats ne peuvent pas totalement expliquer. C'est une de ces liaisons profondes et rares qui donnent leur profondeur de champ aux grands événements sportifs.


Jim Walmsley à Western States, c'est une histoire qui n'a pas besoin de mise en scène supplémentaire. La narration est là : la chute de 2016, le record absolu de 2019, l'éloignement européen, le retour. Ce sont les ingrédients d'un arc rare dans une discipline qui manque encore de figures capables de tenir un récit sur le long terme. La vraie question n'est pas de savoir s'il va gagner, mais ce qu'il va proposer comme rythme dans la première partie de course, là où tout se décide. Walmsley a toujours répondu à la pression des grands rendez-vous par l'attaque frontale, sans concession tactique. Si ce schéma tient, Western States 2025 pourrait se résumer à un seul duel : un coureur contre son propre record. Ça, c'est exactement ce dont le trail a besoin.

Jim WalmsleyWestern States 100ultra-trailHokatrail américain

Catégorie

Actualités

Les dernières nouvelles du monde du trail running

Tous les articles →