Après 11 titres de Jornet, Zegama 2026 relance la course au circuit Skyrunner mondial

Elhousine Elazzaoui a rompu le règne de Kilian Jornet à Zegama en 2025. À quelques semaines de l'édition 2026, Tove Alexandersson et Rémi Bonnet figurent sur la liste de départ : le Skyrunner World Series entre dans un cycle nouveau.
Onze titres à Zegama. La domination de Kilian Jornet sur le marathon de montagne basque a duré plus d'une décennie, et en 2025, Elhousine Elazzaoui a rompu le cycle. Ce que le Skyrunner World Series construit maintenant, c'est son après.
À quelques semaines de l'édition 2026, le calendrier de montagne courte est déjà dense. Selon iRunFar dans sa revue du 27 avril, les courses de Beijing-Changping ont constitué les deuxième et troisième manches du Mountain Running World Cup, et la Skyrace des Matheysins ouvre le Skyrunner World Series le 3 mai. Zegama-Aizkorri, 42 km et 5 472 m de dénivelé positif dans les montagnes basques, arrive mi-mai. Sur la liste de départ : Tove Alexandersson (Suède) et Rémi Bonnet (Suisse), croisés au Mistral Marathon Trail (51 km) fin avril. Le format court en altitude est en pleine recomposition.
De Beijing aux Alpes : le circuit Skyrunner élargit sa géographie
Avant que Zegama n'entre en scène, le Mountain Running World Cup avait déjà rendu ses verdicts printaniers. Selon iRunFar dans sa chronique hebdomadaire du 27 avril 2026, les courses de Beijing-Changping constituaient les deuxième et troisième manches de la compétition mondiale. Des épreuves en montée, format vertical pur, organisées en Chine : le circuit ne se cantonne plus aux terrains alpins ou pyrénéens. C'est un signal structurel, pas une donnée anecdotique.

Le Skyrunner World Series pointe de son côté vers la Skyrace des Matheysins le 3 mai. Deux circuits distincts (l'un fédéral, l'autre commercial), mais un même bassin d'athlètes qui circulent librement entre les deux. Cette promiscuité est précisément ce qui rend la lecture du calendrier 2026 intéressante : les mêmes noms apparaissent sur des listes de départ très différentes, du sprint vertical en Chine au marathon de montagne au Pays basque.
5 472 m de D+ sur 42 km : Zegama exclut le bluff
Le Zegama-Aizkorri Marathon n'est pas un marathon au sens habituel du terme. Depuis le petit village de Zegama, comme le précisait Runner's World UK, le parcours enchaîne les quatre sommets les plus élevés du Pays basque (Aratz, Aizkorri, Aitxuri, Andraitz) sur 42 km pour 5 472 m de dénivelé positif. Soit environ 130 m de montée par kilomètre : une densité que l'on retrouve dans les courses de skyrunning extrême bien plus que dans les marathons de montagne ordinaires.
La course est aussi un événement populaire à part entière. Les photographies publiées par iRunFar après l'édition 2024 montrent des milliers de spectateurs massés sur les pentes de la montée de Sancti Spiritu, encadrant les coureurs sur quelques mètres de large. La pression est réelle, et elle change les courses : les favoris ne peuvent pas se cacher, chaque passage est commenté.
Cette densité de dénivelé ne laisse aucune place à l'attentisme. Le Zegama sélectionne sur la force brute en montée. À titre de comparaison, le Sierre-Zinal, autre monument du format court en montagne, propose un dénivelé bien moins concentré sur une distance similaire — ce qui laisse davantage de marge aux coureurs puissants sur terrain mixte. Zegama, lui, ne négocie pas.
Elazzaoui 2025 : la transition post-Jornet a déjà eu lieu
Kilian Jornet a remporté le Zegama onze fois. En 2024, il décrochait son 11e titre, comme le rapportait iRunFar. Puis 2025 est arrivé. D'après iRunFar, Elhousine Elazzaoui (Maroc) a signé une victoire convaincante en 3:43:28, pendant que l'Espagnole Sara Alonso remportait la course féminine en 4:27:25. Les premiers kilomètres avaient vu Andreu Blanes creuser une minute d'avance sur le groupe de chasse dès le premier pointage (km 8,5), avant qu'Elazzaoui reprenne les commandes.

Le record du parcours masculin reste à 3:36:40, établi par Jornet et rappelé par Runner's World UK, soit près de sept minutes sous le chrono d'Elazzaoui en 2025. Ce record tient. Mais l'essentiel n'est pas là : 3:43:28 sur 42 km et 5 472 m de D+, c'est courir à 5:19 par kilomètre avec l'équivalent de 1 824 étages dans les jambes. C'est une performance de haut niveau, pas une victoire par défaut.
La victoire d'Elazzaoui confirme que Zegama accepte désormais des vainqueurs venus d'ailleurs, avec d'autres profils, d'autres trajectoires. Ce que Jornet a construit au Pays basque pendant dix ans, c'est une référence, pas un plafond. La discipline respire mieux quand une seule figure ne la monopolise plus.
Alexandersson et Bonnet : deux polyvalents pour un seul podium
Toujours selon iRunFar (27 avril 2026), Tove Alexandersson a utilisé le Mistral Marathon Trail (51 km) comme course de préparation à Zegama. Elle y a remporté l'épreuve féminine en 4:30, dans une course dominée au général par le Kényan Nashon Kiplimo en 3:58. Rémi Bonnet était sur le même départ, 17e au classement général en 4:31. Une seconde de plus qu'Alexandersson sur 51 km, deux semaines avant le rendez-vous basque.
La présence des deux coureurs sur la même préparation révèle quelque chose de plus profond. Ni Alexandersson ni Bonnet ne sont des spécialistes exclusifs du format montagne court. Ce sont des athlètes capables de basculer d'un 51 km de basse altitude à un marathon de montagne en moins de trois semaines. Le circuit Skyrunner 2026 ne récompense pas seulement le spécialiste vertical : il valorise la polyvalence, la capacité à récupérer vite et à s'adapter. C'est une logique très différente de celle de l'UTMB, où les préparations se pensent en cycles de plusieurs mois.
Dans la même fenêtre hebdomadaire, iRunFar signalait la victoire du Français Frédéric Tranchand sur le 26 km du Trail des Coteaux en 1:43, et celle d'Elise Poncet sur la même distance féminine en 2:14. Le contingent français du format court reprend de la consistance.
Ce que ce début de saison 2026 révèle, c'est moins une bataille de résultats qu'une question de structure. Le circuit Skyrunner mondial se construit une identité stable avec des épreuves sur plusieurs continents, des têtes d'affiche polyvalentes, et une logique de performance qui ne dépend plus d'une seule figure. Trop longtemps, la narration du format court en montagne s'est résumée à ce que Jornet allait faire. Maintenant qu'Elazzaoui a gagné Zegama et qu'Alexandersson s'y prépare sérieusement, le récit se pluralise. Le vrai test sera de voir si ce circuit tient sa promesse sur les deux podiums et si des vainqueurs comme Sara Alonso en 2025 deviennent des noms que l'on retient dans la durée, pas seulement des chronos en bas de classement.
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