Le media trail de référence

MIUT 2026 : Esmiol et Hartmuth s'imposent sur le Legend 110k de Madère

Par Marc Blanc·26 avril 2026·4 min de lecture
MIUT 2026 : Esmiol et Hartmuth s'imposent sur le Legend 110k de Madère

Vincent Esmiol et Katharina Hartmuth remportent le Madeira Island Ultra-Trail Legend 110k 2026, cinquième manche du World Trail Majors, sur un tracé encore reconfiguré après les incendies de 2024.

Cent dix kilomètres. Un archipel volcanique. Deux vainqueurs. Le 25 avril 2026, le Madeira Island Ultra-Trail a rendu son verdict avec les victoires de Vincent Esmiol chez les hommes et de Katharina Hartmuth chez les femmes. Derrière ces noms, une course en perpétuelle recomposition sur un terrain qui n'en finit pas de surprendre.

Cinquième manche du circuit World Trail Majors 2026, le MIUT s'est décliné sur un week-end complet en cinq formats distincts, du 17k au Legend 110k. C'est sur cette distance phare que se sont noués les enjeux du week-end. Côté masculin, selon iRunFar, Rod Farvard (États-Unis) et Vincent Esmiol (France) ont pris les commandes ensemble dès les premiers kilomètres, entourés d'un groupe compact comprenant Erik Sorenson (États-Unis), Ethan Peters (Canada) et Tyler Green (États-Unis). Esmiol a finalement su faire la différence. Hartmuth, de son côté, a dominé l'épreuve féminine. Une édition encore marquée par les transformations d'un tracé que les incendies de 2024 ont profondément recomposé.

Un parcours en mouvement permanent depuis 2022

L'histoire récente du MIUT est celle d'une course qui refuse de se figer. En 2022, selon iRunFar, l'épreuve phare courait sur 115 kilomètres avec 7 200 mètres de dénivelé positif, de Porto Moniz au nord-ouest jusqu'à Machico au sud-est de l'île. Une traversée intégrale qui représente l'équivalent de près de trois marathons enchaînés sur un terrain volcanique, avec des conditions favorables qui avaient permis à Jim Walmsley et Courtney Dauwalter d'établir des records de l'épreuve.

Lone trail runner with headlamp crossing a narrow volcanic ridge on Madeira island in complete pre-dawn darkness, rugged

Après les incendies d'août 2024, qui ont ravagé des portions de sentiers historiques, l'édition 2025 avait dû recomposer entièrement son itinéraire. iRunFar rapportait alors un tracé revu à 118 kilomètres avec 6 700 mètres de D+, une bonne partie de la course disputée sous la pluie, le vent et la boue. En 2026, le Legend 110k signe une nouvelle configuration, huit kilomètres plus courte que l'année précédente. La distance a bougé. Le caractère de l'épreuve, non.

Les hommes : Esmiol s'extrait d'un duel transatlantique

La course masculine 2026 n'a jamais vraiment trouvé son rythme de croisière. Selon iRunFar, contrairement au versant féminin, la compétition n'a cessé de se relancer. Rod Farvard et Vincent Esmiol ont imposé le tempo dès le départ, sans parvenir à semer un groupe resté dense. Au checkpoint de Fanal, à 12 kilomètres du départ, les leaders accusaient déjà 1h33 de course, et plusieurs coureurs restaient dans la roue : Sorenson, Peters, Green.

C'est Esmiol qui a finalement décroché la victoire. Pour un coureur du circuit européen, s'imposer sur une manche WTM face à un plateau majoritairement nord-américain est une déclaration. Le MIUT avait vu Walmsley y inscrire son nom en 2022. Quatre ans plus tard, la victoire prend un autre accent, et un autre passeport.

Hartmuth et la course féminine comme baromètre du circuit

Les détails complets du versant féminin restent parcellaires dans les informations disponibles. Ce que l'on sait : Katharina Hartmuth s'impose sur un format 110k qui met à l'épreuve autant la lecture de course que la résistance physique sur la durée.

Pack of trail runners descending steep singletrack through dense Madeira laurisilva forest, lush endemic green vegetatio

Le MIUT féminin a toujours servi d'étalon pour le circuit mondial. Marion Delespierre y avait signé une victoire sur le 85k en 2021, comme le rappelle iRunFar à l'occasion d'une preview des Championnats du monde de trail. Maite Maiora, l'Espagnole, avait elle-même terminé sur le podium en 2024 selon la même publication. Ce palmarès illustre une constante : Madère attire systématiquement des athlètes qui comptent, ce qui rend chaque victoire féminine sur cette course significative au-delà du seul résultat.

Sidónio Freitas : organiser une course sur une île qui brûle et qui dégèle

Derrière le chrono des vainqueurs, il y a une machine logistique qui tourne depuis des mois. Dans un portrait publié par iRunFar, le directeur de course Sidónio Freitas décrit l'équation fondamentale de l'organisation du MIUT : "Pour moi, avant tout, diriger le MIUT exige un niveau élevé d'organisation, de planification et d'attention aux détails. Il faut constamment trouver l'équilibre entre les exigences d'un événement d'envergure et la nécessité d'offrir une expérience sûre et durable à tous les participants."

L'isolement géographique de Madère n'est pas un décor. C'est une donnée opérationnelle brute. Cinq formats de course sur un week-end, des milliers de participants, des sentiers exposés aux caprices atlantiques et, depuis 2024, au risque incendie. Recomposer un tracé en quelques mois après des feux, tout en maintenant le niveau d'une manche de circuit mondial, relève d'une autre discipline que la simple gestion événementielle.

Le MIUT comme pièce du système World Trail Majors 2026

Cinquième étape du WTM 2026, le MIUT intègre également la Short Series via son 50k Discover, selon iRunFar. Ce format intermédiaire donne accès au classement mondial à un spectre de coureurs plus large, dans la logique que l'on observe sur l'ensemble des grands circuits : élargir la base sans affaiblir le niveau de la tête d'affiche.

Cinq épreuves simultanées sur une île volcanique de l'Atlantique, du 17k au 110k : ce modèle est ambitieux par nature. Il positionne le MIUT comme événement total, qui s'adresse au coureur d'ultra aguerri autant qu'au traileur en quête d'une première expérience hors du commun. C'est précisément ce que Freitas résume quand il évoque, dans l'entretien publié par iRunFar, l'ambition de "bâtir une communauté plus forte" et de favoriser "la compréhension interculturelle."

La vraie leçon du MIUT 2026 n'est pas dans le seul chrono des vainqueurs. Elle est dans la capacité d'une course à se recomposer après des incendies, à réduire sa distance de huit kilomètres sans perdre son attractivité mondiale, et à maintenir un plateau international de premier plan. Esmiol vainqueur face aux Américains, Hartmuth au sommet du classement féminin : ce n'est pas l'édition des records, mais c'est peut-être l'édition qui dit le plus sur la solidité du modèle MIUT. Madère résiste. La course, avec elle.

MIUTMadeiraWorld Trail MajorsVincent Esmiolultra-trail

Catégorie

Courses & Récits

Récits de course et comptes rendus

Tous les articles →