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Vincent Esmiol et Katharina Hartmuth remportent le MIUT 2026, un 110k inédit à Madère

Par Marc Blanc·25 avril 2026·5 min de lecture
Vincent Esmiol et Katharina Hartmuth remportent le MIUT 2026, un 110k inédit à Madère

Le 25 avril 2026, la Madeira Island Ultra-Trail a sacré Vincent Esmiol et Katharina Hartmuth sur un format raccourci à 110 km. Cinquième manche du World Trail Majors, le MIUT confirme sa place parmi les grandes références mondiales du trail.

Vincent Esmiol. Katharina Hartmuth. Deux victoires, une île volcanique, et pour la première fois un format raccourci à 110 kilomètres. Ce 25 avril 2026, le MIUT a joué une partition inédite sur les crêtes de Madère.

Cinquième manche du circuit World Trail Majors 2026, la Madeira Island Ultra-Trail Legend 110k a réuni cinq formats de course ce week-end sur l'île atlantique portugaise, du 17 au 110 kilomètres. C'est le Français Vincent Esmiol qui a remporté l'épreuve masculine après une bataille prolongée avec l'Américain Rod Farvard, tandis que Katharina Hartmuth s'est imposée de manière bien plus tranchée chez les femmes. Le 50k Discover intègre quant à lui le World Trail Majors Short Series. Selon iRunFar, qui couvre l'événement en temps réel, la course masculine n'a jamais trouvé son rythme de croisière, contrairement à la course féminine qui s'est dessinée d'une tout autre façon.

De 115k à 110k : l'édition 2026 inaugure sa propre mesure

Depuis les records établis par Jim Walmsley et Courtney Dauwalter en 2022 jusqu'aux victoires de Paul Cornut-Chauvinc et Katie Schide l'an passé, le MIUT s'était stabilisé à 115 kilomètres et 7 200 mètres de dénivelé positif, de Porto Moniz au nord-ouest jusqu'à Machico au sud-est, toujours selon iRunFar. L'édition 2026 rompt avec cette mesure : la distance phare passe à 110 kilomètres, soit l'équivalent d'environ deux marathons et deux tiers.

Male ultra-trail runner descending a steep volcanic ridge in Madeira island at first dawn light, headlamp still glowing

Cinq kilomètres en moins, sur un terrain aussi accidenté, représentent facilement quarante à cinquante minutes pour un peloton de tête. Toute comparaison directe avec les chronos des éditions précédentes — notamment le 12:54:52 de Cornut-Chauvinc ou le 14:20:56 de Schide en 2025, rapportés par iRunFar — serait donc trompeuse. L'édition 2026 ouvre son propre livre de records.

Les raisons de ce changement ne sont pas précisées dans les sources disponibles à l'heure de cet article. Le MIUT a pourtant déjà démontré sa capacité d'adaptation : en 2025, iRunFar avait signalé que le parcours avait été remanié en raison de conditions météorologiques difficiles au départ. Sur une île volcanique aussi capricieuse, la flexibilité fait partie du contrat.

Esmiol et Farvard, ou la course qui refuse de se décider

La course masculine n'a pas voulu se résoudre rapidement. Selon iRunFar, Vincent Esmiol et Rod Farvard ont poussé le rythme ensemble dès les premiers kilomètres, sans jamais se distancer mutuellement dans la phase initiale. Au checkpoint de Fanal, situé à 12 kilomètres du départ, le chrono cumulé affichait 1 heure 33 minutes, et le groupe de tête incluait encore Erik Sorenson (États-Unis), Ethan Peters (Canada) et Tyler Green (États-Unis).

Le calcul parle de lui-même : 7 minutes 45 secondes par kilomètre, sur un début de parcours déjà montagnard. C'est un rythme soutenu, signe que personne ne voulait lâcher prise. Sur le MIUT, la sélection se fait rarement dans les premières heures : elle vient sur les crêtes intermédiaires ou dans les longues descentes vers Machico.

C'est finalement Esmiol qui s'est extrait de la mêlée. Une victoire française qui fait directement écho à celle de Cornut-Chauvinc en 2025, et qui dit quelque chose de l'appétit hexagonal pour les formats de 100 kilomètres et plus sur terrain technique.

Hartmuth, une victoire sans zone d'ombre

Chez les femmes, le scénario a été radicalement différent. iRunFar indique que la course féminine a très tôt trouvé son sens, contrairement à l'agitation permanente observée du côté masculin. Katharina Hartmuth s'est imposée sans que l'issue reste longtemps en suspens.

Large group of trail runners in technical mountain gear ascending a misty laurisilva forest trail in Madeira island, ear

Le parallèle avec Katie Schide en 2025 s'impose naturellement : iRunFar avait alors rapporté que l'Américaine avait creusé l'écart dès le départ sans jamais regarder en arrière. Les victoires féminines au MIUT semblent obéir à une logique récurrente : maîtrise et endurance priment sur la tactique de peloton. Depuis Courtney Dauwalter en 2022, aucune femme n'a remporté l'épreuve deux fois. Hartmuth entre dans un palmarès de championnes, pas d'habituées.

Cinquième manche d'un circuit qui redessine la saison mondiale

Le positionnement du MIUT comme cinquième épreuve du World Trail Majors 2026 n'a rien d'anecdotique. Ce circuit tente de structurer une saison mondiale face à la domination symbolique de l'UTMB, en donnant une architecture formelle à des épreuves qui, sans lui, resteraient des événements isolés malgré leur qualité intrinsèque.

Intégrer le 50k Discover dans le World Trail Majors Short Series élargit encore la portée de l'événement : l'île produit désormais un écosystème complet, cinq formats du 17 au 110 kilomètres dans une même fenêtre de week-end. C'est la logique que l'UTMB a théorisée depuis longtemps : le grand public comme accélérateur de visibilité pour l'élite.

Cette ambition est portée de l'intérieur. Dans un portrait publié par iRunFar dans sa série "Race Director Chronicles", Sidónio Freitas évoque "un niveau élevé d'organisation, de planification et d'attention au détail" pour concilier les exigences d'un événement d'envergure et la sécurité sur un territoire insulaire difficile d'accès. iRunFar rapporte que sa vision dépasse le chronomètre : construire une communauté autour de l'événement, sensibiliser le territoire et favoriser les échanges interculturels. Ce n'est pas du discours de vitrine. Organiser le MIUT sur une île atlantique, c'est résoudre chaque année une équation logistique que très peu d'événements affrontent à ce niveau.

Walmsley, Schide, Esmiol : le palmarès comme argument de prestige

Pour situer le MIUT dans la hiérarchie mondiale du trail, il suffit d'examiner les noms qui ont gagné. Jim Walmsley et Courtney Dauwalter y ont établi des records de l'épreuve en 2022, sur 115 kilomètres et 7 200 mètres de dénivelé positif, toujours rapporté par iRunFar. Ben Dhiman et Martina Valmassoi y ont triomphé en 2024. Paul Cornut-Chauvinc et Katie Schide en 2025. Vincent Esmiol et Katharina Hartmuth en 2026.

Ce ne sont pas des noms que le hasard dépose sur les pentes madériennes. Chaque vainqueur représente ici un niveau de performance reconnu à l'échelle internationale. Le MIUT n'est pas une course régionale dotée d'un décor spectaculaire : c'est un révélateur, une épreuve qui sait attirer les meilleurs et les faire souffrir convenablement.

Le changement de format, de 115k à 110k, mérite d'être suivi dans la durée : ajustement définitif ou adaptation conjoncturelle ? La réponse viendra des prochaines éditions. Ce qui est certain, c'est que le MIUT a traversé quatre ans de mutations du circuit mondial sans jamais perdre son identité : une île, un départ dans la nuit, une arrivée à l'autre bout. Dans un trail qui cherche parfois ses repères entre compétition pure et industrie événementielle, Madère reste une boussole fiable.

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