Zegama-Aizkorri 2026 : Elazzaoui et Alonso face à l'épreuve de la confirmation le 17 mai

Le 17 mai 2026, Sara Alonso et Elhousine Elazzaoui défendent leurs titres sur la montagne basque, après une victoire en 2025 qui a mis fin à la domination quasi totale de Kilian Jornet. La vraie question n'est pas leur avènement : c'est leur confirmation.
En 2024, Kilian Jornet accrochait son 11e titre à Zegama en douze participations, selon iRunFar. L'année suivante, deux noms différents s'inscrivaient au palmarès. Le 17 mai 2026, la montagne basque ne pose plus la question d'un avènement : elle pose celle d'une confirmation.
Zegama-Aizkorri, marathon de montagne du Pays Basque espagnol, reprend ses pentes ce 17 mai 2026. L'édition 2025 avait rebattu un ordre établi depuis des années : Sara Alonso, originaire du Gipuzkoa, avait imposé plus de cinq minutes d'avance à 28,5 kilomètres, tandis qu'Elhousine Elazzaoui s'imposait côté masculin, mettant fin au quasi-monopole jornetien (11 victoires en 12 participations jusqu'en 2024), selon iRunFar. Deux champions, deux titres à défendre, un peloton qui semble s'être densifié. Ce que la montagne basque teste en 2026, c'est si l'édition précédente marquait une vraie rupture ou simplement un calendrier favorable.
2025 : la fissure dans le monolithe
C'est là que le cadre a changé. Depuis ses premières apparitions sur ce parcours, Kilian Jornet avait transformé Zegama en domaine privé. Onze victoires en douze participations : un ratio qui écrasait tout calcul de rivalité. Quand iRunFar couvrait 2024 en titrant "Kilian Jornet's 11th Title", le chiffre sonnait presque comme une formalité.
L'édition 2025 a rompu ce script. Elazzaoui chez les hommes, Alonso chez les femmes : un double renouvellement en une seule journée. Ce n'est pas anodin. Cela ne dit pas que Jornet est hors-jeu, ni qu'une ère est gravée dans la roche. Cela dit que la course est à nouveau ouverte, et que d'autres s'en sont souvenus.

Sara Alonso : du podium à la victoire, une trajectoire documentée
Sara Alonso n'arrive pas à Zegama sans passé sur cette montagne. Runners World a retracé un palmarès construit méthodiquement : victoire au marathon de la Transgrancanaria, au Marathon du Mont-Blanc, au 30 kilomètres de la Brisbane Ultra Trail, et un troisième rang lors d'une précédente édition basque. La coureuse guipuzcoane avait déjà prouvé qu'elle lisait ce type de terrain avant d'en prendre la tête.
Sa victoire de 2025, avec plus de cinq minutes d'avance à 28,5 kilomètres selon iRunFar, n'est donc pas une surprise sortie de nulle part. C'est l'aboutissement d'une progression tracée. De retour après une blessure, elle avait confié sur Instagram après sa victoire à l'ETC de l'UTMB : « Je ne pensais pas gagner. Je me l'imaginais, mais comme un rêve inaccessible. » Cette déclaration décrit une coureuse encore en construction mentale. À Zegama 2026, le rêve est devenu l'attente. La position est radicalement différente.
Malen Osa et la logique du terrain natal
Dans ce tableau de favorites, Malen Osa mérite une lecture à part. Basque, quatrième du classement Golden Trail World Series 2023 selon iRunFar, elle avait animé la seconde moitié de l'édition 2025 avec une régularité remarquée. Sixième au pointage de Sancti Spiritu (20 kilomètres), elle remontait le peloton sur l'ascension de l'Aitxuri (23 kilomètres, point culminant de la course) et courait à 26 kilomètres dans les roues de Wyder pour la troisième place, selon iRunFar.

Osa incarne quelque chose que les classements ne capturent pas entièrement : l'avantage de courir chez soi, sur des pentes mémorisées depuis l'adolescence. À Zegama, cet ancrage n'est pas rhétorique. C'est dans les descentes techniques et les courtes montées de liaison que la connaissance du terrain prime parfois sur la condition pure.
Le kilomètre vertical comme baromètre des conditions
Zegama ne commence pas avec le marathon. L'épreuve du kilomètre vertical, 4,2 kilomètres de montée pour 756 mètres de dénivelé depuis la place d'Aizkorri jusqu'à Itzubiaga, constitue un test préalable des conditions et des jambes. Lors d'une édition récente, José Antonio Bellido et Naiara Irigoyen s'y étaient imposés devant 235 participants, sur un tracé rendu particulièrement glissant par les pluies précédentes, au point que l'organisation avait dû modifier le parcours final pour éviter les passages rocheux les plus dangereux, selon Runners World.
La météo n'est jamais anecdotique à Zegama. Comme à la Hardrock 100, les conditions de terrain sélectionnent autant que la forme du jour. Une piste boueuse avantage ceux qui gèrent l'incertitude, pas seulement ceux qui affichent les meilleures données à l'entraînement. C'est une variable sur laquelle ni Alonso ni Elazzaoui n'ont encore produit de preuve répétée sur cette adresse.
Le trail de montagne européen après Jornet : une profondeur à mesurer
L'enjeu de Zegama 2026 dépasse les deux podiums à confirmer. Il soulève une question sur la structure du trail de montagne européen : existait-il jusqu'ici une densité suffisante au sommet, ou la domination jornetienne masquait-elle un manque de profondeur ?
La réponse de 2025 est réelle, mais partielle. Une victoire ne dessine pas une génération. Sur le circuit Skyrunning, des profils comme Alain Santamaría, vainqueur du kilomètre vertical aux Championnats du Monde de Skyrunning à Soria selon Runners World, ou Naiara Irigoyen, lauréate sur le même événement, témoignent d'un élargissement de la base. Ces performances, toutefois, ne se convertissent pas automatiquement en résultats sur un format aussi spécifique que Zegama. La profondeur du trail européen n'est pas un postulat. Elle se mesure course après course.
Notre lecture : Zegama 2026 est une épreuve de vérité pour un renouvellement qui peine encore à se structurer. Si Alonso et Elazzaoui confirment, on pourra parler de vraie relève. Si des outsiders s'imposent, cela signalera plutôt que le trail de montagne européen entre dans une période de rotation des victoires, sans champion dominant installé. Ce serait, en fait, une meilleure nouvelle pour la discipline : une course dont l'issue se devine d'avance perd toujours une partie de son sens. La montagne basque mérite mieux que ça.
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