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Zegama-Aizkorri 2026 : Elazzaoui conserve son titre, Alexandersson efface le record du parcours

Par Marc Blanc··5 min de lecture
Zegama-Aizkorri 2026 : Elazzaoui conserve son titre, Alexandersson efface le record du parcours

Le 17 mai 2026, le massif basque a rendu deux verdicts nets : le Marocain Elhousine Elazzaoui s'impose pour la deuxième année de suite, pendant que la Suédoise Tove Alexandersson bat le record féminin du parcours. Une édition qui révèle un plateau mondial de trail montagne en pleine élévation.

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Le marathon d'Aizkorri n'offre pas de deuxième chance aux hésitants. Le 17 mai 2026, il a rendu deux verdicts nets : Elhousine Elazzaoui, souverain pour la deuxième fois consécutive sur le massif basque, et Tove Alexandersson, qui n'a pas simplement remporté la victoire mais effacé le record du parcours féminin.

Sur 42 kilomètres et 2 736 mètres de dénivelé positif dans le massif d'Aizkorri, Zegama a livré une édition 2026 d'une densité rare. Le Marocain Elhousine Elazzaoui (NNormal) conserve son titre après avoir remonté depuis la troisième place à la mi-course, en gérant l'usure des derniers kilomètres avec une lucidité construite sur l'expérience du terrain. Chez les femmes, Tove Alexandersson s'impose en battant le record du parcours, devant la Basque Malen Osa et l'Espagnole Sara Alonso, tenante du titre reléguée sur la troisième marche malgré son meilleur chrono personnel à Zegama. Selon iRunFar, qui a assuré la couverture complète de l'épreuve, ce 17 mai a constitué le grand rendez-vous trail du week-end à l'échelle internationale.

À 16 km, une hiérarchie provisoire : Bonnet devant, Elazzaoui en attente

La course masculine a suivi une dramaturgie familière sur ces sentiers. Selon le suivi en direct d'iRunFar, Bonnet menait à 16 kilomètres, mais son avantage sur le rythme record commençait déjà à s'éroder, et le groupe des poursuivants refermait l'écart. Elazzaoui se trouvait alors en troisième position, à quelques secondes de Daniel Pattis, deuxième. Kilian Jornet occupait la quatrième place, avec déjà 40 secondes de retard sur Pattis. Sébastien Briffod, lui, avait lâché le groupe de tête et finirait hors du top 10.

Male trail runner in NNormal kit charging up steep rocky ridgeline in Aizkorri massif Basque Country Spain, dramatic lim

Ce scénario est une signature d'Aizkorri. Les premières montées créent une hiérarchie provisoire, la seconde moitié révèle la vraie. Ceux qui ont poussé trop fort pour être devant à mi-course le paient ensuite : c'est mécanique, et c'est précisément pourquoi les pronostics de début de course ne valent ici presque rien.

Elazzaoui : la lecture du terrain comme avantage irréductible

Deux victoires consécutives à Zegama, construites toutes les deux en remontant depuis le milieu du groupe de tête. Ce n'est pas un style spectaculaire, mais c'est un style efficace. Dans l'entretien publié par iRunFar après la course, Elazzaoui explique comment il a utilisé sa connaissance du parcours pour identifier les moments décisifs des derniers kilomètres, et placer son accélération au bon endroit plutôt qu'à n'importe quel col.

Zegama affiche 42 kilomètres, soit la distance exacte d'un marathon sur route. Mais avec 2 736 mètres de dénivelé positif, l'équivalent de près de 900 étages consécutifs, le rapport distance/coût énergétique n'a rien à voir avec l'asphalte. iRunFar décrit le tracé comme une combinaison de sections extrêmement techniques et de single track courable, favorisant les coureurs à l'aise avec la variabilité du terrain montagnard.

Elazzaoui a également salué la prestation collective de ses coéquipiers NNormal lors de cette édition, selon iRunFar. Que Jornet, fondateur de la marque et figure historique de la course, était encore en position de disputer la victoire à mi-parcours, dit quelque chose sur la profondeur interne de l'équipe. Deux titres consécutifs sur un parcours qui reçoit l'élite mondiale chaque année : c'est une performance qui dépasse la logique d'une bonne journée. Elle engage une lecture sur la durée.

Alexandersson réécrit le record : quand la forme et les conditions convergent

Le fait le plus marquant du volet féminin n'est pas seulement la victoire d'Alexandersson. C'est qu'elle soit allée chercher le record du parcours. Le titre de l'article de résultats publié par iRunFar ne laisse pas de place au doute : Alexandersson "décroche le record" ("Nabs Record").

Female trail runner crossing a high mountain col checkpoint during Zegama Aizkorri marathon Basque Country, enthusiastic

Cette précision a du poids. Dans sa couverture en direct, iRunFar rappelle que les records sur ce tracé sont rares : le parcours n'a pas changé depuis des années, et les bonnes conditions météorologiques ne sont pas systématiquement au rendez-vous. Qu'Alexandersson ait pu franchir ce seuil en 2026 suppose une conjonction rare, entre une journée propice et une athlète au-dessus de ses standards habituels.

Ce record ne dit pas uniquement quelque chose sur la coureuse. Il dit quelque chose sur l'état actuel du trail féminin de haut niveau : les performances s'améliorent sur des parcours stables depuis des années, et les références qui semblaient solides ne le sont plus.

Alonso troisième avec son meilleur chrono : le paradoxe d'une progression invisible

Sara Alonso a signé son meilleur temps personnel à Zegama et rentre avec une troisième place. Ce paradoxe est l'indicateur le plus clair du niveau de cette édition. La tenante du titre n'a pas cédé du terrain par régression : elle l'a cédé à une compétition plus forte, ce qui n'est pas la même chose.

Dans son entretien vidéo publié par iRunFar, Alonso évoque la dynamique de sa course avec Malen Osa et décrit l'existence d'une "deuxième course dans la course" entre les coureuses basques. Osa, deuxième, incarne le résultat de cette rivalité locale : sur ses terres, devant son public, avec la pression identitaire propre au Pays Basque, elle a devancé une double victorieuse de la course. Ce type de performance, portée par un contexte géographique et émotionnel particulier, ne se résume pas à une position au classement général.

Ce récit superposé, une compétition interne qui se déroule sur le même tracé que la bataille internationale, est ce qui donne à Zegama une richesse que les résultats bruts ne transmettent pas.

Ce que Zegama 2026 révèle sur l'élévation du plateau mondial

Notre lecture est tranchée : cette édition est l'une des plus solides de l'histoire récente de la course. Trois éléments le soutiennent. Un record du parcours féminin établi dans de bonnes conditions. Une victoire masculine construite en remontant depuis la troisième position contre un plateau qui alignait Jornet, Pattis et Bonnet. Et une tenante du titre féminine qui améliore son temps personnel mais ne monte plus sur la première marche.

La trajectoire d'Elazzaoui mérite une attention particulière dans les mois à venir. Deux titres consécutifs à Zegama, gérés à chaque fois en partant de milieu de peloton pour frapper dans la seconde moitié de course : c'est le profil d'un coureur qui capitalise sur la connaissance accumulée d'un terrain plus que sur la puissance brute. Ce profil, moins visible dans les médias que le casseur de course, est souvent sous-estimé par les pronostics.

Zegama reste, avec quelques équivalents comme Sierre-Zinal, l'une des rares courses du circuit mondial où le terrain parle plus fort que le dossard. Cette édition 2026 le confirme : les records y sont rares, les victoires y sont chèrement acquises, et les hiérarchies provisoires du 16e kilomètre ne valent rien à l'arrivée. Pour quiconque cherche à comprendre où va le trail de montagne mondial, c'est probablement ici que les indices les plus fiables se trouvent.

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