Zegama 2026 : Alexandersson efface le record, Elazzaoui récidive, Jornet finit 41e

Elhousine Elazzaoui conserve son titre masculin en 3:45:07, Tove Alexandersson pulvérise le record féminin dès sa première participation, et Kilian Jornet, onze fois champion, termine 41e sur blessure. Zegama 2026 redistribue les cartes.
Kilian Jornet, onze fois vainqueur à Zegama, termine 41e sur blessure. Tove Alexandersson, athlète titrée dans six disciplines mondiales, efface le record féminin dès sa première participation sur cette course. Deux résultats, une même journée, une question qui s'impose : qui dirige désormais le trail de montagne ?
Le 17 mai 2026, au Pays Basque espagnol, le Zegama-Aizkorri Marathon a livré des résultats qui débordent la simple lecture du classement. Elhousine Elazzaoui (Maroc) conserve son titre masculin en 3:45:07, devant l'Italien Daniel Pattis (3:45:27) et l'Américain Taylor Stack (3:52:17), selon iRunFar. Chez les femmes, la Suédoise Tove Alexandersson pulvérise le record de Nienke Brinkman (4:16:43, 2022), avec plus de trois minutes d'avance sur ce rythme au passage du 23e km, finissant devant la Basque Malen Osa et l'Espagnole Sara Alonso, tenante du titre 2025. Kilian Jornet, onze fois champion ici, termine 41e sur une blessure à la jambe signalée, selon le même media.
Elazzaoui et Pattis, la course à deux derrière Bonnet : vingt secondes pour tout résoudre
Selon iRunFar dans son résumé du 18 mai 2026, un coureur nommé Bonnet occupait les avant-postes jusqu'à la mi-course avant qu'Elazzaoui et Pattis, troisième de l'édition 2025, ne le dépassent ensemble. Elazzaoui a ensuite utilisé son accélération finale pour s'imposer de 20 secondes. Les deux premières places se sont jouées à l'intérieur d'une même minute : 3:45:07 contre 3:45:27. Taylor Stack (États-Unis, 3:52:17) a progressé tout au long de la course et s'est emparé de la troisième place sur la descente finale. iRunFar relève explicitement que les podiums américains à Zegama sont rares.

La composition géographique de ce podium masculin mérite attention. Maroc, Italie, États-Unis : aucune présence ibérique ni alpine dans les trois premières places, sur une course qui fut longtemps leur fief. La mondialisation du trail de compétition via les circuits Golden Trail Series et UTMB produit désormais ses effets sur les podiums, y compris à Zegama.
La trajectoire d'Elazzaoui sur cette course depuis 2022 est limpide. Quatrième en 2022, deuxième en 2023 selon iRunFar, vainqueur en 2025 puis en 2026 : quatre participations, quatre paliers successifs. Sa méthode mêle gestion de l'effort en ascension et accélération finale déterminante. Elle fonctionne, et les chiffres le confirment sans ambiguïté.
Alexandersson efface Brinkman : le chrono court seul dès le 16e km
L'analyse préliminaire publiée par iRunFar avant la course identifiait Alexandersson comme la principale menace sur le record de Nienke Brinkman (4:16:43, 2022). La Suédoise n'a pas laissé traîner la réponse. Selon iRunFar, au 16e km, après la première grande montée, elle avait déjà 15 secondes d'avance sur le rythme du record. Au 23e km, son avance sur l'ancienne marque dépassait les trois minutes, pendant que son écart sur ses premières concurrentes atteignait 11 minutes.
Le podium féminin s'est stabilisé progressivement. Osa a dépassé Alonso entre le 23e et le 28e km, scellant la hiérarchie définitive : Alexandersson, Osa, Alonso. Ce qui amplifie la démonstration, c'est un détail fourni par Sara Alonso dans son entretien d'après-course publié par iRunFar : la tenante du titre a couru plus vite que lors de sa victoire 2025. Elle a même signé sa meilleure descente finale à Zegama, malgré des conditions boueuses. Alonso a réalisé un meilleur Zegama que l'année de sa victoire, et elle termine troisième. Ce n'est pas une question de forme : l'écart avec Alexandersson était d'une autre nature.

Six disciplines mondiales, premier Zegama, un record : le profil qui dérange les spécialistes
Zegama 2026 était la première course de la saison d'Alexandersson, et sa première compétition sous les couleurs de son nouveau sponsor Salomon, selon l'analyse préliminaire d'iRunFar. En avril, elle avait remporté le Grand Raid Ventoux 50k en France par 27 minutes. Le plateau peut être relativisé. Ce qui ne l'est pas : en 2025, elle avait gagné le Championnat du Monde Trail Short Trail par près de 34 minutes, avec Alonso en deuxième position sur un plateau de niveau mondial incontestable.
iRunFar rappelle qu'Alexandersson a décroché des titres de championne du monde dans six disciplines différentes. Elle n'est pas une coureuse de trail ayant construit sa compétence sur des années de spécialisation dans la discipline : elle est une athlète d'endurance polyvalente dont le moteur transcende les formats. Les meilleurs spécialistes du trail mettent souvent plusieurs participations à apprivoiser une course de la technicité de Zegama. Alexandersson l'efface au premier essai. Ce fait mérite d'être posé clairement.
Jornet, 41e : le chiffre qui résiste à la relativisation
Onze victoires à Zegama. Kilian Jornet est l'athlète qui a le plus incarné cette course dans l'histoire récente du trail de montagne. Selon iRunFar, il évoluait dans le groupe de tête en début d'épreuve avant de décrocher progressivement sur la seconde moitié avec une blessure à la jambe signalée. Il termine 41e.
Ses contre-performances passées ont presque toujours eu des explications circonstancielles, et sa capacité de rebond n'est plus à démontrer. Mais 41e reste 41e, sur cette course. Dans son entretien publié par iRunFar, Sara Alonso évoque la "deuxième course dans la course" que se livrent les coureurs basques à Zegama, l'intensité particulière que cette appartenance génère au-delà du classement général. Osa, Basque, deuxième. Jornet, qui a porté cette course pendant une décennie entière, quarante et unième.
Cette édition 2026 formule deux verdicts qui n'ont rien d'identique. Sur la route masculine, Elazzaoui s'installe méthodiquement : deux titres consécutifs, une progression continue depuis 2022, une méthode éprouvée. Notre lecture est qu'il part favori des prochaines éditions, sauf défaillance majeure.
Sur la route féminine, la situation est plus ouverte et structurellement plus révélatrice. Alexandersson vient de montrer que le trail de montagne n'est pas hermétique aux athlètes d'élite issus d'autres supports. Ce n'est pas un hasard isolé : c'est un signal de fond. Jornet avait lui-même redéfini les frontières du possible en combinant plusieurs disciplines de montagne pendant ses grandes années. Voir ce même phénomène s'exercer contre les spécialistes du trail, par une athlète dont ce n'est pas la spécialité principale, change quelque chose à l'équation. Le trail de compétition ne peut plus anticiper ses prochains records sans regarder au-delà de ses propres rangs.
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