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Zegama-Aizkorri 2026 : Alexandersson pulvérise le record de 8 minutes, Elazzaoui confirme sa domination

Par Marc Blanc··5 min de lecture
Zegama-Aizkorri 2026 : Alexandersson pulvérise le record de 8 minutes, Elazzaoui confirme sa domination

Pour sa 25e édition et premier rendez-vous de la Golden Trail World Series 2026, Zegama-Aizkorri a fait exploser ses propres repères : Tove Alexandersson a effacé le record féminin de Nienke Brinkman par plus de huit minutes, pendant qu'Elhousine Elazzaoui conservait son titre masculin.

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Huit minutes. C'est l'écart entre Tove Alexandersson et un record féminin qui avait tenu quatre ans sur les sentiers de Zegama. Sur 42 km de boue basque et 2 736 mètres de dénivelé positif, une telle marge ne laisse aucune place à l'ambiguïté. La 25e édition de Zegama-Aizkorri n'a pas fait semblant.

Le 17 mai 2026, à 9 heures du matin, le marathon de Zegama-Aizkorri lançait sa 25e édition sous un ciel enfin sec, après plusieurs jours de pluie et de neige en altitude qui avaient transformé les sentiers en bourbiers. Des dizaines de milliers de spectateurs ont rempli les montagnes et la vallée du village basque pour l'occasion, selon la couverture live publiée par iRunFar. Premier rendez-vous de la Golden Trail World Series 2026, la course a livré deux performances capitales : Elhousine Elazzaoui (Maroc) a défendu son titre masculin avec succès, et la Suédoise Tove Alexandersson a brisé le record féminin de Nienke Brinkman (4:16:43, établi en 2022) par plus de huit minutes. Un signal fort pour l'ouverture d'une saison internationale chargée.

Quarante-deux kilomètres calibrés pour trier les meilleurs sans ambiguïté

La boucle de Zegama reste l'une des architectures les plus limpides du circuit mondial. Quarante-deux kilomètres, 2 736 mètres de dénivelé positif, quatre sommets enchaînés : Aratz, Aizkorri, Aitxuri et Andraitz. Selon iRunFar, les 16 premiers kilomètres sont quasi intégralement ascendants jusqu'à l'Aratz, avant que la course ne plonge pour remonter au Sancti Spiritu, à 20 km. C'est là que se concentre le spectacle humain : 600 mètres de côte verticale tapissés de spectateurs basques en liesse, régulièrement cités parmi les scènes les plus bruyantes du trail mondial. Après une nouvelle descente et une ascension plus courte, un final de 12 km en descente referme la boucle.

Elite trail runners at the start line of Zegama-Aizkorri marathon in small Basque village square, stone buildings, early

Pour situer l'effort : 2 736 mètres de D+, c'est l'équivalent de neuf fois la tour Eiffel empilées. Cette densité de dénivelé sur 42 km est ce qui rend Zegama incomparable parmi les marathons de montagne. Ce format, identique depuis 2001, permet aussi de comparer les performances à vingt-cinq ans de distance avec une précision impossible sur les ultra-trails de plusieurs centaines de kilomètres.

Les précipitations des jours précédents, incluant de la neige en altitude selon iRunFar, avaient alourdi les sentiers le matin du 17 mai. Sur un parcours détrempé, les appuis deviennent instables, les descentes techniques se transforment en exercices d'équilibre, et la dépense énergétique augmente sensiblement. La performance d'Alexandersson, réalisée dans ces conditions, en est d'autant plus significative.

Alexandersson détruit quatre ans de référence : comprendre l'ampleur du chiffre

Le record féminin de Nienke Brinkman (4:16:43 en 2022) avait résisté à trois éditions consécutives. Tove Alexandersson l'a effacé le 17 mai, selon les résultats publiés par iRunFar, avec plus de huit minutes d'avance sur la marque précédente. Elle a mené la course de bout en bout, malgré les sentiers boueux et les traces de neige persistantes. Malen Osa, deuxième, a terminé à près de 16 minutes de la Suédoise.

Depuis que Brinkman avait établi cette marque, trois éditions s'étaient succédé sans que personne ne l'approche sérieusement. Le fait qu'Alexandersson la brise avec cette marge, sur un parcours dégradé, impose une réévaluation du niveau actuel du plateau féminin de montagne. Pour contextualiser : sur un marathon sur route, améliorer un record mondial de 8 minutes correspondrait à passer de 2:06 à 2:03 en un seul essai. Ce n'est pas une progression marginale sur un bon jour. C'est une rupture de niveau.

La leçon Bonnet : partir fort à Zegama, c'est souvent finir sixième

Thousands of spectators densely packed along both sides of steep muddy mountain path in Basque Country Spain, lone trail

Côté masculin, la journée a offert son scénario le plus instructif. Le Suisse Rémi Bonnet a ouvert un large écart en début de course, se plaçant sur une trajectoire qui pouvait laisser espérer une performance de référence. Il a finalement terminé sixième. Ce retour de peloton est l'un des enseignements les plus répétitifs du format court-intense : sur 16 km de montée initiale, l'impression de maîtrise peut être trompeuse. Les descentes techniques et les 12 derniers kilomètres en descente vers Zegama révèlent les erreurs de dosage.

Selon iRunFar dans sa livraison "This Week In Running" du 18 mai 2026, la course masculine était "exceptionnellement compétitive". Elhousine Elazzaoui (Maroc), champion en titre, a géré son effort avec la cohérence qui distingue les vainqueurs de Zegama sur la durée. Daniel Pattis (Italie), troisième en 2025, était également en lice, sans que sa position finale ne soit précisée dans les données disponibles.

Le parallèle avec Sierre-Zinal s'impose naturellement : sur les courses où le D+ est concentré en première moitié, la régularité de gestion prime toujours sur la fougue de départ. Bonnet le sait. Mais Zegama a cette particularité de pousser même les meilleurs à tenter leur chance, et la logique du classement reste implacable.

Zegama en tête du GTWS 2026 : un choix d'ouverture qui envoie un message

Zegama ouvre la Golden Trail World Series 2026. Placer la 25e édition d'une course identitaire en tête du circuit mondial, c'est affirmer qu'un marathon de montagne peut tenir le rang de référence internationale sans avoir besoin de plusieurs centaines de kilomètres pour le justifier. La dotation de 3 000 euros pour les vainqueurs, distribuée jusqu'à la 10e place selon iRunFar, reste modeste face aux circuits UTMB où les podiums atteignent plusieurs dizaines de milliers d'euros. Mais Zegama n'a jamais joué sur ce registre.

Sa richesse est ailleurs : dans l'intensité de l'atmosphère, la clarté du format, et une lisibilité sportive que les ultra-trails nocturnes de plusieurs jours ne peuvent pas offrir. Le GTWS, en choisissant Zegama comme premier acte, signale aussi une priorité donnée à la tradition et à la qualité de spectateur sur la seule dotation financière. Dans un calendrier trail de plus en plus chargé, les courses qui savent allier compétition d'élite et expérience populaire ont un avantage structurel. Les dizaines de milliers de spectateurs présents dans les montagnes et la vallée, selon iRunFar, rappellent que Zegama est autant une fête basque qu'une compétition mondiale.

Notre lecture : Zegama est irremplaçable parce que le format ne ment pas

La 25e édition de Zegama-Aizkorri n'a pas été un anniversaire de façade. Elle a produit des faits sportifs durables : un record féminin effacé de plus de huit minutes dans des conditions difficiles, un tenant du titre masculin qui confirme sa domination, et un épisode Bonnet (sixième après avoir mené) qui rappelle la logique impitoyable du format. Notre lecture : Zegama est irremplaçable dans le calendrier mondial parce qu'il concentre toute l'exigence du trail de montagne sur 42 km lisibles. Pas de nuit, pas de gestion sur plusieurs jours, pas de victoire par défaut. Tout se joue en moins de cinq heures. Ce que Tove Alexandersson a produit le 17 mai est le type de performance qui se lira encore dans dix ans. La question posée pour la suite du GTWS 2026 : les autres courses du circuit seront-elles à la hauteur de cette ouverture ?

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