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Zegama-Aizkorri 2026 : 25 ans, et les records de Jornet résistent toujours depuis 2022

Par Marc Blanc·13 mai 2026·5 min de lecture
Zegama-Aizkorri 2026 : 25 ans, et les records de Jornet résistent toujours depuis 2022

25e édition, 42 km, 2 736 m D+ et un field élite massif : Zegama-Aizkorri reste le marathon de montagne de référence en Europe, et ses records de 2022 n'ont pas bougé.

Quatre ans que personne n'a battu Kilian Jornet ni Nienke Brinkman sur un parcours couru des dizaines de fois par l'élite mondiale. Ce n'est pas un hasard de calendrier. À Zegama, les records attendent la météo parfaite. La 25e édition sera-t-elle enfin cette fenêtre ?

Le dimanche 17 mai 2026, le village basque de Zegama accueille la 25e édition du Zegama-Aizkorri Marathon, l'un des marathons de montagne les plus exigeants et les plus festifs d'Europe. Selon iRunFar, des dizaines de milliers de spectateurs sont attendus pour envahir les montagnes et la vallée du massif de l'Aizkorri. Le départ est donné à 9 heures, heure locale. Le programme sportif : 42 kilomètres de boucle, 2 736 mètres de dénivelé positif, un field qualifié de "géant" par iRunFar, et deux records établis en 2022 par Kilian Jornet (3:36:40 chez les hommes) et Nienke Brinkman (4:16:43 chez les femmes) qui attendent toujours preneur.

Ce que le mot "marathon" ne dit absolument pas

L'appellation est un piège. Le Zegama-Aizkorri couvre bien les 42 kilomètres canoniques, mais tout s'arrête là. Avec 2 736 mètres de dénivelé positif, le parcours accumule l'équivalent d'environ huit fois la hauteur de la Tour Eiffel, dans les jambes d'un seul effort. Pour comparaison : le UTMB affiche environ 10 000 mètres de D+ pour 171 kilomètres, soit 58 mètres de dénivelé par kilomètre. À Zegama, ce ratio monte à 65 mètres par kilomètre. C'est plus que l'UTMB. Sur deux fois moins de distance.

Comme le décrit iRunFar, le tracé combine des sections extrêmement techniques et des portions de singletrack et de doubletrack plus roulantes. Cette mixité fait du Zegama une course pour coureurs polyvalents, mais ceux qui maîtrisent le terrain cassant de montagne dominent structurellement. On n'accélère pas un marathon de route. On apprend un autre sport.

Un quart de siècle dans les montagnes du Pays Basque espagnol

Vingt-cinq éditions, c'est une longévité rare dans un calendrier trail mondial qui renouvelle ses formats en permanence. Le Zegama-Aizkorri a traversé deux décennies d'explosion de la pratique, l'émergence des 100 miles, la professionnalisation des élites, et il en sort avec une formule inchangée : 42 km, l'Aizkorri, le village de Zegama comme point de départ et d'arrivée.

Cette stabilité est une forme d'affirmation. La course reste une boucle fermée sur elle-même, ce qui permet aux spectateurs de voir les coureurs à plusieurs reprises sur le parcours, et d'alimenter une atmosphère que peu d'événements de montagne peuvent revendiquer. iRunFar rapporte des dizaines de milliers de personnes attendues dans les montagnes et la vallée environnante. Au Pays Basque, l'effort sportif est une affaire collective : Zegama en est la meilleure illustration.

Vingt-cinq ans de constance, c'est aussi vingt-cinq ans de données comparables. Le parcours n'a pas changé. Les chronos s'accumulent. C'est cette stabilité qui rend les records si lisibles, et leur résistance si parlante.

Deux records, une seule variable : la météo

C'est l'une des particularités analytiques les plus intéressantes de Zegama. Le parcours est fixe. Les athlètes sont parmi les meilleurs du monde. Pourtant les records bougent rarement, et pour une raison que iRunFar formule sans détour : les conditions météo doivent être "ni trop chaudes, ni trop boueuses." Sur un terrain aussi technique, la boue basque peut transformer une performance en survie. La chaleur attaque dès les premiers pourcentages de pente.

En 2022, les conditions s'alignent. Kilian Jornet signe 3:36:40. Nienke Brinkman répond avec 4:16:43. Quatre éditions plus tard, ces marques tiennent. Ce n'est pas le signe que le niveau a baissé, ni que les candidats manquent. C'est le Zegama qui dicte ses conditions.

Pour mettre le record de Jornet en perspective : 3:36:40 sur 42 km avec 2 736 m D+, c'est une allure moyenne d'environ 5:10 par kilomètre sur terrain de montagne technique. Ce rythme, sans dénivelé, constitue une sortie honnête pour un coureur loisir sur bitume. Sur l'Aizkorri, c'est une performance d'une autre catégorie.

Elazzaoui, Alonso et la question du field de la 25e édition

En 2025, c'est Elhousine Elazzaoui qui s'imposait chez les hommes et Sara Alonso chez les femmes, selon les images et informations publiées par iRunFar. Deux victoires qui confirment la densité du plateau Zegama : Elazzaoui, coureur ancré dans l'élite européenne de la course de montagne, et Alonso, représentante d'une scène espagnole qui pèse de plus en plus lourd dans le trail international.

Pour 2026, iRunFar parle d'un "field élite géant", cohérent avec le caractère anniversaire de l'édition. L'organisation a clairement joué la carte du rassemblement symbolique. Les noms précis n'ont pas encore été rendus publics dans la source disponible, mais la désignation "géant" dans le contexte d'une 25e édition n'est pas anodine. Zegama attire. La seule question restante, comme toujours, c'est celle de la météo du 17 mai.

Ce que Zegama révèle du trail en 2026 : la distance courte comme résistance

Notre lecture : le Zegama-Aizkorri fait figure d'exception salutaire dans un calendrier de plus en plus saturé et orienté vers le "toujours plus long." La course ne cherche pas à grossir. Elle ne joue pas la carte de l'ultra. Elle ne change pas son tracé pour séduire des sponsors. À 25 ans, elle attire toujours les meilleurs coureurs de la planète sur 42 kilomètres de montagne.

C'est peut-être le signal le plus important de cette 25e édition : la fidélité à un format peut être une stratégie à part entière. Le marathon de montagne reste une discipline avec ses exigences propres, sa culture, son public passionné. Ce n'est pas un ultra raté, c'est un exercice de précision verticale que les meilleurs athlètes du monde prennent très au sérieux.

Si la météo coopère le 17 mai, les records de 2022 sont en danger. Si elle ne coopère pas, le spectacle sera quand même au rendez-vous. À Zegama, il l'est toujours. C'est précisément pour ça que la course est encore là après vingt-cinq ans.

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