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Zegama 2026 : Elazzaoui s'impose en doublé, Alexandersson pulvérise le record féminin

Par Marc Blanc··5 min de lecture
Zegama 2026 : Elazzaoui s'impose en doublé, Alexandersson pulvérise le record féminin

Pour le 25e anniversaire du Zegama-Aizkorri, Elhousine Elazzaoui décroche un deuxième titre consécutif devant Daniel Pattis, tandis que Tove Alexandersson entre dans l'histoire de la course.

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Vingt-cinq ans de Zegama, et le message reste inchangé : la montagne basque efface les hiérarchies. Le 17 mai 2026, Elhousine Elazzaoui a confirmé sa souveraineté, Tove Alexandersson a réécrit l'histoire féminine du parcours, et Kilian Jornet a terminé hors du top 10 sur blessure.

Pour le 25e anniversaire du marathon de montagne le plus sélectif du circuit européen, le scénario n'a pas déçu. Selon iRunFar, présent en direct depuis le Pays Basque espagnol, Elhousine Elazzaoui (Maroc, NNormal) signe un deuxième titre consécutif, après sa victoire en 3h43'28" en 2025 rapportée par Esprit Trail. L'Italien Daniel Pattis (Brooks), troisième l'an passé en 3h51'40", monte cette fois sur la deuxième marche du podium. Rémi Bonnet (Suisse), champion du monde de mountain running uphill 2025, a dicté la course pendant vingt kilomètres avant de reculer. Kilian Jornet, onze fois vainqueur ici, finit hors du top 10 sur un problème à la jambe. Et Tove Alexandersson (Suède) entre dans l'histoire avec un nouveau record du parcours féminin.

Bonnet établit le tempo, Pattis s'installe en embuscade

La course masculine a d'abord appartenu à Rémi Bonnet. Le Suisse, fort de son titre mondial uphill 2025, a imposé un rythme de record dès les premiers kilomètres. À la base de la montée Sancti Spiritu, ascension de 600 mètres située à 20 km du départ et figure emblématique du parcours, il a même pris le temps de se retourner vers la foule massée sur les flancs. Geste de confiance, peut-être de défi.

Selon iRunFar, c'est précisément au sommet de cette montée que la course a basculé. Pour la première fois de la journée, Bonnet glissait sous le rythme du record. Derrière lui, Pattis n'était plus qu'à neuf secondes. Elazzaoui suivait à six secondes de l'Italien, Stack en quatrième position juste devant Jornet. Cinq hommes se tenaient en moins de vingt secondes à mi-parcours.

Ce resserrement avait une logique. La preview d'iRunFar notait que Pattis avait déjà disputé au moins quatre courses en 2026 avant Zegama, dont une deuxième place au Chianti 46k à 94 secondes de Francesco Puppi. Un coureur en pleine forme, pas un opportuniste. Il avait choisi le bon moment pour faire la jonction.

Elazzaoui renverse Pattis dans le plongeon final

Dans les kilomètres suivants, la course s'est réduite à deux hommes. iRunFar rapporte qu'au sommet du dernier plongeon vers le village de Zegama, Elazzaoui se retrouvait à la poursuite de Pattis, le Marocain cherchant à reprendre la tête dans la partie la plus technique du parcours. Il l'a trouvée. Au bas de la descente finale, Elazzaoui passait premier, Pattis deuxième.

La trajectoire de l'Italien sur ce parcours est nette. En 2025, Esprit Trail le créditait du troisième rang en 3h51'40", à plus de huit minutes du vainqueur. En 2026, après une saison préparatoire qui incluait des confrontations victorieuses face à Lorenzo Beltrami sur deux courses européennes selon le preview d'iRunFar, il est allé tenir le rôle du challenger principal jusqu'aux derniers mètres.

Daniel Pattis avait accordé un premier entretien vidéo à iRunFar avant le départ, le premier que ce média lui consacrait. La performance du 17 mai donne du poids à ce choix éditorial.

Jornet hors du top 10 : l'ombre sur le 25e anniversaire

Il faut peser les mots. Onze victoires à Zegama-Aizkorri, c'est une emprise sur un parcours que peu de coureurs dans l'histoire ont répliquée sur un seul site. Kilian Jornet était encore dans le groupe de tête à 20 km, cinquième selon iRunFar, juste derrière Stack. Ce n'est pas un coureur qui perd le contact dans les premières montées. La suite a été une descente au classement progressive, kilomètre après kilomètre, jusqu'à une place hors du top 10 sur un problème à la jambe.

Il serait excessif d'en faire un bilan générationnel sur la seule foi d'une blessure. Mais l'épisode révèle quelque chose de structurel : le champ des coureurs capables de viser le podium à Zegama s'est densifié. Stian Angermund (Norvège), neuvième en 3h59'46" en 2025 selon Esprit Trail, était présent au départ 2026. Beltrami, cinquième à Zegama 2025 en 3h54'58", avait croisé Pattis à deux reprises en 2026 selon iRunFar. Ces noms ne pardonnent pas les journées imparfaites.

En 2025, les dix premiers hommes se tenaient en seize minutes selon les chiffres d'Esprit Trail. Ce format court et violent, sans la gestion du ravitaillement ou du sommeil propre à l'ultra, amplifie chaque erreur. Même pour les légendes.

Alexandersson et le record : la domination suédoise sur deux terrains

Côté féminin, iRunFar est sans ambiguïté dans le titre de son article de résultats : Tove Alexandersson y établit un nouveau record du parcours. La Suédoise, déjà référence absolue sur le circuit trail mondial, signe cette marque lors d'une édition anniversaire à exposition maximale.

Établir un record à Zegama n'est pas un accident de forme. Le parcours exige une maîtrise technique des descentes, une économie rigoureuse dans les montées successives et la capacité à tenir dans les derniers kilomètres qui longent la crête avant le plongeon final. Les records, ici, se méritent centimètre par centimètre. Alexandersson arrive sur ce résultat après des performances qui l'avaient déjà placée au sommet du mountain running mondial. Zegama 2026 est peut-être sa confirmation la plus éloquente.

Ce que cette édition dit de l'état du mountain running en 2026

Notre lecture : Elazzaoui est aujourd'hui la référence incontestable du marathon de montagne masculin en Europe. Deux victoires consécutives à Zegama, dont la dernière arrachée dans la descente technique face à un Pattis en pleine montée en puissance, c'est une domination qui tient à la performance, pas à une réputation acquise.

Mais le fait le plus lourd de sens du 17 mai reste la sortie de Jornet du top 10. Non pas parce qu'elle invalide onze victoires, mais parce qu'elle confirme que l'ère d'un seul homme capable de structurer le champ entier est terminée. Bonnet, Elazzaoui, Pattis, Angermund, Blanes, Beltrami : le mountain running européen entre dans une phase de concurrence dense, ouverte, plus difficile à lire. Et, à regarder la qualité des podiums qui émergent, nettement plus excitante à suivre.

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