Transvulcania Half Marathon 2026 : Gitonga pulvérise le record, Kiriago gagne au sprint

Sur les pentes volcaniques de La Palma, Ruth Gitonga renverse la hiérarchie du VK en signant le record du parcours en 2:22:50. Chez les hommes, Kiriago s'impose au sprint, avec le Français Anthony Felber à quatre secondes seulement d'un exploit.
Deux jours après avoir plié devant Joyce Njeru au Vertical Kilometer du jeudi soir, Ruth Gitonga est revenue avec d'autres intentions sur les pentes de La Palma. Philemon Kiriago, lui, a laissé son coéquipier Richard Omaya Atuya mener pendant 17,5 kilomètres avant de l'effacer dans le final. La Transvulcania a ses propres logiques.
Le 9 mai, à 7h30, le demi-marathon de la Transvulcania se donnait le départ depuis le phare de Fuencaliente, 90 minutes après l'ultramarathon. Au programme : 24,8 kilomètres, 2 097 mètres de dénivelé positif et seulement 689 mètres de descente, jusqu'à l'aire de récréation d'El Pilar. Sixième manche de la Coupe du Monde de mountain running 2026, la course méritait mieux que son statut de demi-marathon secondaire. Selon iRunFar, Ruth Gitonga (Kenya) a signé le record du parcours en 2:22:50, devant sa compatriote Joyce Njeru (2:25:39). Chez les hommes, Philemon Kiriago a remporté la victoire en 2:07:43 au terme d'un finish brûlant, avec le Français Anthony Felber à quatre secondes seulement. Nouveau sweep kenyan sur les volcans des Canaries, avec des marges qui racontent une histoire plus nuancée que la simple domination.
Gitonga prend sa revanche sur le VK et repose la vraie hiérarchie féminine
Au Vertical Kilometer du jeudi, Joyce Njeru avait régné. Gitonga avait conclu troisième, derrière Njeru et la Britannique Kirsty Skye Dickson. Deux jours plus tard, sur un parcours radicalement différent, l'ordre a été inversé avec autorité.

Selon iRunFar, Gitonga a pris la tête dès Los Canarios, à environ huit kilomètres du départ, passant ce point en un peu plus de 41 minutes. Dickson la suivait à 12 secondes, Njeru à une trentaine de secondes en troisième position. La course restait ouverte. Mais à 17,5 kilomètres, près du point culminant du parcours, la décision était prise : Gitonga avait creusé plus de trois minutes sur Njeru, qui avait repris la deuxième place. L'écart ne s'est pas refermé sur la descente finale. Elle a franchi la ligne en 2:22:50, record du parcours, avec 2 minutes 49 secondes d'avance sur Njeru. Dickson a complété le podium en 2:33:21.
Cette victoire dit quelque chose de précis sur Gitonga. Elle avait remporté la première manche de la saison 2026, le São Brás Cross Classic Up and Down au Portugal, et terminé deuxième aux Championnats du Monde 2025 de mountain running, comme le rappelle iRunFar. Elle n'est pas la dauphine de Njeru, référence mondiale depuis ses débuts en Europe en 2017 : elle est sa rivale directe. La course au classement général de la Coupe du Monde s'annonce serrée entre deux Kenyanes que 2 minutes 49 secondes séparent aujourd'hui, et que 48 heures de compétition consécutives peuvent totalement inverser.
Kiriago : deux heures de patience, dix secondes pour tout régler
Sur le papier, la course masculine était lisible. Philemon Kiriago, double vainqueur de Sierre-Zinal et champion du monde 2025 de mountain running up-and-down, partait favori. Son coéquipier Richard Omaya Atuya, vainqueur du VK deux jours plus tôt, compliquait les calculs. Ce qui s'est passé a suivi une logique tactique quasi scolaire.
Selon iRunFar, Omaya Atuya a pris les commandes dès Los Canarios, à 8 kilomètres, en un peu moins de 34 minutes. Kiriago se trouvait six secondes derrière, leur coéquipier Ephantus Mwangi Njeri les accompagnait en troisième. Un groupe de poursuite comprenant Anthony Felber (France), Linus Hultegård (Suède) et Tyler McCandless (États-Unis) pointait à environ 90 secondes. À 17,5 kilomètres, Omaya Atuya menait toujours avec 2 minutes 30 secondes d'avance sur Kiriago.
Puis la descente. Kiriago a ouvert les vannes, effacé l'écart, franchi la ligne en 2:07:43. La performance correspond exactement à son profil : un coureur capable de gérer une ascension longue, de préserver ses jambes, et de les libérer là où les autres paient leur effort accumulé. Mwangi Njeri a abandonné avant l'arrivée après avoir couru aux côtés de Kiriago pendant la plus grande partie de la course, selon iRunFar, privant le Kenya d'un triplé qui semblait probable.

Felber à quatre secondes : l'Europe résiste, mais pas assez
Quatre secondes sur 24,8 kilomètres. C'est ce qui sépare Anthony Felber de l'une des victoires les plus retentissantes qu'un athlète européen aurait pu signer dans une manche de Coupe du Monde de mountain running depuis longtemps. La performance mérite qu'on s'y arrête.
Selon iRunFar, Felber pointait en quatrième position à Los Canarios, dans le groupe de poursuite à 90 secondes du trio kenyan. Rien ne laissait présager ce qui allait se passer. La descente vers El Pilar a tout reconfiguré : Felber a remonté l'écart, dépassé Omaya Atuya et Mwangi Njeri, et manqué Kiriago de quatre secondes seulement, franchissant la ligne en 2:07:47. Pour mettre ce chiffre en perspective : sur les 24,8 kilomètres du parcours, quatre secondes représentent environ 0,05 % du temps total de course. Hultegård a ajouté à la densité du final en signant 2:08:15, même temps qu'Omaya Atuya, les deux séparés à l'arrivée par l'épaisseur d'une foulée, comme le rapporte iRunFar.
Les Espagnols ont tenu leur rang : Guillermo Ramos cinquième en 2:10:28, Daniel Osanz sixième en 2:11:39. La résistance européenne existe. Elle est simplement contrainte de se battre pour les places d'honneur.
La domination kenyane : un fait structurel qui redessine le mountain running international
Cette double victoire n'est pas une anomalie. Elle s'inscrit dans une séquence documentée : le VK de la Transvulcania, 48 heures avant le demi-marathon, avait déjà vu Njeru et Omaya Atuya s'imposer, selon iRunFar. Six manches de Coupe du Monde 2026, six occasions de confirmer une tendance de fond.
Le mountain running n'est pas le trail de grand fond. Ses formats, courts et raides, obéissent à une logique d'effort très différente des 170 kilomètres de l'UTMB ou des 330 kilomètres de la Tor des Géants. Que des athlètes kenyans aient colonisé cette discipline dit quelque chose d'important sur leur capacité d'adaptation physiologique à des formats variés. Kiriago court Sierre-Zinal (31 km, 2 200 m D+) et les championnats du monde sur le même trimestre avec la même efficacité. Le 24,8 kilomètres de Fuencaliente à El Pilar, avec ses 2 097 mètres de montée concentrés et ses 689 mètres de descente, n'est pas la plaine du rift kényan : c'est du terrain volcanique accidenté, et ils y dominent sans rupture dans leur registre.
La question n'est plus de savoir s'ils peuvent gagner. Elle est de savoir ce qu'il faudra aux Felber, Hultegård et Osanz pour les priver d'une victoire devenue presque systématique.
Ce que révèle cette Transvulcania 2026, c'est moins la victoire kenyane que la forme qu'elle prend. Gitonga domine depuis le départ avec une assurance qui efface Njeru, meilleure pourtant deux jours plus tôt. Kiriago attend, calcule, puis accélère là où la logique voudrait qu'on préserve. Deux approches, un seul résultat, une même maîtrise.
Le fait que Felber soit passé à quatre secondes d'une victoire qui aurait eu des allures d'exploit n'est pas anecdotique : c'est un signal que le circuit reste compétitif et que des Européens peuvent jouer le final dans les manches qui viennent. Mais pour gagner, il faudra plus que descendre vite. Il faudra tenir les Kenyans pendant deux heures d'ascension volcanique, sans accorder une seconde de marge. Et ça, pour l'instant, personne n'y est encore.
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