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Zegama 2026 : Alexandersson efface 8 minutes du record, Elazzaoui résiste à 20 secondes de Pattis

Par Marc Blanc··5 min de lecture
Zegama 2026 : Alexandersson efface 8 minutes du record, Elazzaoui résiste à 20 secondes de Pattis

Le 25e Zegama-Aizkorri a livré deux récits distincts : Elhousine Elazzaoui conserve son titre en résistant à Daniel Pattis par seulement vingt secondes, pendant que Tove Alexandersson pulvérise le record féminin de huit minutes malgré des conditions boueuses. Une édition anniversaire qui confirme la mondialisation du plateau et pose la question de l'ère Alexandersson en trail montagne.

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Vingt secondes. C'est la marge qui sépare, au terme de vingt-cinq années d'une course devenue référence mondiale, le Marocain Elhousine Elazzaoui de l'Italien Daniel Pattis au fil d'arrivée du Pays Basque. Pendant que ces deux hommes négociaient chaque mètre du massif de l'Aizkorri, Tove Alexandersson, elle, courait dans une autre dimension.

Le 17 mai 2026, la 25e édition du Zegama-Aizkorri Marathon a confirmé deux hiérarchies en construction. Elazzaoui remporte son deuxième titre consécutif en 3h45'07", devant Pattis (3h45'27") et l'Américain Taylor Stack (3h52'17"), selon iRunFar. Du côté féminin, la Suédoise Tove Alexandersson boucle le circuit en 4h08", améliorant de huit minutes le record de parcours établi par Nienke Brinkman en 2022. Elle termine avec plus de seize minutes d'avance sur la deuxième femme de la course. Terrain boueux, foule massée sur le Sancti Spiritu, plateau international fourni : l'édition anniversaire a tenu ses promesses.

Elazzaoui conserve son titre dans la boue, mais la marge fond

En 2025, selon les données publiées par Esprit Trail, Elazzaoui avait plié l'affaire en 3h43'28". Cette année, sur un parcours décrit comme boueux par iRunFar, il franchit la ligne en 3h45'07", soit 1 minute 39 secondes de plus. Le ralentissement est cohérent avec l'état du terrain. Ce qui interpelle davantage, c'est la menace incarnée par Pattis, à vingt secondes seulement.

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Pour un marathon de montagne disputé sur les crêtes de l'Aizkorri, vingt secondes représentent moins d'un battement de cil par kilomètre. Elazzaoui a tenu. Mais la course 2026 ne ressemble plus à la démonstration tranquille de l'an dernier. Le champion a dû courir, et non simplement gérer.

Pattis, six minutes de mieux en douze mois

Le cas Pattis mérite une lecture attentive. Troisième en 2025 en 3h51'40" d'après Esprit Trail, il revient en 2026 en 3h45'27", soit six minutes treize secondes de mieux sur le même circuit. Même en tenant compte des conditions changeantes, cette progression est substantielle.

Dans un entretien accordé avant la course et publié par iRunFar, l'Italien décrivait une saison 2026 déjà bien chargée, notamment une deuxième place au Chianti 46k à 94 secondes du vainqueur Francesco Puppi. La preview d'iRunFar notait qu'il avait couru au moins quatre fois en 2026 avant Zegama. Un coureur qui arrive au pic, pas en gestion. Ce dimanche, il a relégué Stack (3h52'17"), Merillas (3h53'14") et Pkemoi (3h53'28") à plus de sept minutes. Ces trois-là forment un groupe compact ; Elazzaoui et Pattis évoluaient à part, dans une course dans la course.

Alexandersson en 4h08 : huit minutes d'avance sur l'histoire

Le récit masculin était serré. Le récit féminin n'avait pas d'adversaire. Tove Alexandersson a bouclé le massif en 4h08", battant de huit minutes le record de Nienke Brinkman établi en 2022, selon iRunFar. Seize minutes d'écart sur la deuxième femme de la course : c'est une autre course, dans la même course.

Replacer ce chiffre dans son contexte : Brinkman est une ancienne lauréate de Zegama, présente cette année encore dans le champ selon iRunFar. Le record tenait depuis quatre ans. Et Alexandersson l'a effacé sur terrain détrempé. L'argument des mauvaises conditions ne tient pas pour minimiser une telle marque. Quand on améliore un record de référence de huit minutes dans la boue, la performance se situe hors normes ordinaires. La Suédoise, multiple championne du monde d'orientation, a mis du temps à s'approprier le trail marathon. Zegama 2026 donne à penser qu'elle en a maintenant pleinement compris les codes.

Female elite trail runner alone on exposed mountain ridge, Aizkorri massif Basque Country Spain, running far ahead of an

Bonnet sixième : ce que le titre mondial de montée ne garantit pas

Rémi Bonnet, champion du monde de course de montagne en montée 2025, était présenté parmi les prétendants au podium dans la preview d'iRunFar. Il termine sixième en 3h53'57", à 8 minutes 50 secondes d'Elazzaoui.

La performance n'est pas une honte : se classer dans les dix premiers à Zegama est rare et difficile. Mais l'écart avec le podium révèle une réalité souvent minimisée dans le circuit. La montée pure et le marathon de montagne technique sont deux disciplines qui se croisent sans se confondre. À Zegama, la descente du Sancti Spiritu, les relances sur les crêtes et la gestion de quarante-deux kilomètres créent une exigence que le titre mondial de montée ne garantit pas de maîtriser. Bonnet n'est pas le premier spécialiste de l'uphill à buter sur cet écueil. Stack, troisième, en est le contre-exemple immédiat : moins de palmarès en montagne pure, mais une lecture de course adaptée à ce profil hybride.

25 ans, un plateau mondialisé, une identité basque inchangée

iRunFar rappelle qu'il s'agit du 25e anniversaire de la course. En un quart de siècle, Zegama a conservé son format et ses spectateurs sur le Sancti Spiritu, tout en attirant un plateau de plus en plus international. Le podium masculin 2026 : Maroc, Italie, États-Unis. Le top 10 : Kenya (5e), Belgique (7e), France (8e), Espagne (4e et 9e). Aucun Basque au scratch.

Stian Angermund, multiple vainqueur historique de l'épreuve, était mentionné parmi les anciens champions présents au départ selon un extrait iRunFar, mais n'apparaît pas dans le top 10 de 2026. Un symptôme de la densification du plateau. Entre Bonnet (6e, 3h53'57") et Martínez (10e, 3h58'20"), moins de cinq minutes séparent cinq coureurs. La course ne pardonne ni les mauvaises journées ni les demi-préparations.

Ce que cette 25e édition révèle vraiment

Zegama 2026 confirme deux choses. Du côté masculin, Elazzaoui consolide son emprise mais doit composer avec un Pattis qui a gagné six minutes en un an, et dont la trajectoire ne laisse guère de doute sur la suite. Notre lecture : si les conditions sont comparables en 2027, la victoire masculine se jouera dans les cinq derniers kilomètres, et peut-être pas dans le même sens.

Du côté féminin, Alexandersson pose une question que le circuit ne pourra pas ignorer longtemps : quand le record de parcours tombe de huit minutes sur terrain boueux, parle-t-on encore d'une performance ou du début d'une ère ? Le trail montagne a souvent un temps de retard pour nommer les dominations féminines à leur juste valeur. Celle-ci, au moins, est difficilement contestable sur les chiffres.

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