MIUT 2025 : Cornut-Chauvinc et Schide s'imposent sur 115 km de Madère

Paul Cornut-Chauvinc et Katie Schide remportent le Madeira Island Ultra-Trail 2025 en 12:54:52 et 14:20:56, sur un tracé remanié par la météo. Deux styles de victoire opposés, un palmarès qui continue de se construire.
Des conditions météo qualifiées d'"initialement désastreuses" par iRunFar, un tracé remanié en urgence, et les crêtes de Madère battues par les bourrasques atlantiques. Puis le ciel s'est dégagé sur une journée décrite comme "magnifique". Deux coureurs ont fait le reste.
Paul Cornut-Chauvinc (France) et Katie Schide (États-Unis) s'imposent sur le Madeira Island Ultra-Trail 115k avec 12:54:52 et 14:20:56 au chrono, selon iRunFar. Deux victoires, deux styles opposés : Schide contrôle la course de bout en bout, Cornut-Chauvinc devant batailler jusqu'aux derniers kilomètres dans un peloton encore groupé à cinq. Sur 115 km et 7 200 m de dénivelé positif, de Porto Moniz jusqu'à Machico, le MIUT 2025 confirme son rang dans le trail européen. Tout ça malgré un tracé modifié et des conditions qui ont redessiné l'épreuve avant même que le soleil se lève.
Des conditions "initialement désastreuses" : le MIUT commence par un test de gestion
La nuit de départ à Porto Moniz, sur la côte nord-ouest de l'île, s'est ouverte sous ce qu'iRunFar décrit comme des conditions "initialement désastreuses". Conséquence immédiate : le tracé a été remanié. Madère, île volcanique de l'Atlantique à environ 1 100 km du Portugal continental et 640 km des côtes marocaines selon iRunFar, n'offre aucun plan B facile. Crêtes étroites, végétation dense des laurisylves, météo océanique imprévisible : voilà les paramètres de travail quotidien de Sidônio Freitas, directeur de course. Dans un entretien publié par iRunFar, il résumait la philosophie de l'organisation : "Diriger le MIUT exige un niveau élevé d'organisation, de planification et d'attention aux détails. Il faut équilibrer les exigences d'un événement de grande envergure avec la nécessité d'une expérience sûre et durable pour tous les participants."

Ce remodelage du parcours n'a pas calmé les ambitions du peloton masculin. Au premier checkpoint de Fanal, à 12,5 km du départ, Hugh Chatfield (Grande-Bretagne) et Raul Butaci (Roumanie) menaient, selon iRunFar, un groupe de chasseurs à vingt secondes. Le classement se dessinerait bien plus tard.
Katie Schide intouchable : un solo construit dès les premiers mètres
Côté féminin, aucun suspense. Selon iRunFar, Schide a ouvert l'écart dès les premiers kilomètres et n'a plus jamais regardé en arrière. 14:20:56 pour traverser Madère sur un tracé remanié, avec 7 200 m de dénivelé positif à absorber. Ramené à l'image, ce sont environ 2 400 étages gravis sur 115 km, soit 2,7 marathons enchaînés sur terrain volcanique. Schide n'a pas couru contre le terrain. Elle a couru avec.
Comparé aux 10 000 m de D+ de l'UTMB sur 171 km, le MIUT concentre l'effort vertical sur une distance plus courte. Cette configuration pénalise les coureurs qui ne gèrent pas leur allure d'entrée. Schide, elle, n'a pas eu ce problème. C'est précisément ce type de maîtrise, construite sur l'anticipation plutôt que sur la réaction tactique, qui distingue les grandes coureuses d'ultra des bons techniciennes.
Cinq hommes pour un trône : Cornut-Chauvinc décisif dans les derniers kilomètres
La course masculine a offert un tout autre scénario. Cinq coureurs dans la tête de course jusqu'aux derniers kilomètres du tracé remanié : selon iRunFar, le duel au sommet est resté "brûlant" jusqu'à l'arrivée. Paul Cornut-Chauvinc s'est finalement imposé en 12:54:52, soit une allure d'environ 6 h 45 par marathon sur 2,7 marathons avec 7 200 m de D+. Une accumulation que l'on ne perçoit pleinement qu'à l'arrivée.

Chatfield et Butaci, qui menaient après le premier checkpoint, n'ont pas tenu sur la distance complète. L'histoire du MIUT se répète souvent de cette façon : les coureurs qui brûlent la poudre sur les premières crêtes paient l'addition dans la descente finale vers Machico. Cornut-Chauvinc a su attendre son moment. Sur une course remaniée, la patience est une stratégie à part entière.
Un palmarès construit sur le très haut niveau : de Walmsley à Schide
Le MIUT ne manque pas de références. En 2022, selon iRunFar, Jim Walmsley et Courtney Dauwalter avaient signé des records sur l'épreuve lors de la 13e édition, dans des conditions décrites comme favorables. En 2024, toujours selon iRunFar, Martina Valmassoi (Italie) et Ben Dhiman (États-Unis, résident en France) s'étaient imposés. En 2025, Schide et Cornut-Chauvinc prolongent cette lignée.
Pas de record battu cette année : la modification du tracé et les conditions météo rendent toute comparaison chronométrique caduque. Mais la profondeur du plateau et la lutte des cinq premiers masculins confirment que le MIUT recrute au sommet, et que les vainqueurs changent d'édition en édition. Signe d'une course ouverte, pas d'une chasse gardée.
2026 : les noms commencent déjà à circuler
Le programme 2026 n'est pas encore officiel, mais les intentions se dessinent. Dans un entretien publié par iRunFar après l'UTMB 2025, Camille Bruyas, qui évoquait vouloir ralentir vers des formats 100k ou 80k, a nommé le MIUT comme objectif prioritaire : "J'adore Madère, le Madeira Island Ultra-Trail, donc j'espère y être l'année prochaine." Le format 115k colle précisément à ce virage stratégique. Pour le MIUT, l'arrivée d'un tel profil serait la confirmation d'une tendance : attirer des coureurs de très haut niveau qui cherchent une épreuve exigeante hors des grandes chaînes d'événements.
Sidônio Freitas a construit quelque chose de singulier sur cette île de l'Atlantique. Le défi pour 2026 sera de confirmer ce statut dans un calendrier trail européen de plus en plus saturé.
Le MIUT 2025 confirme une évidence que l'on tend à oublier face aux géants de l'ultra : une course n'a pas besoin de 170 km pour être exigeante. 115 km avec 7 200 m de D+ sur terrain volcanique, dans des conditions qui forcent à remanier le tracé la nuit même du départ, c'est une épreuve à part entière. Schide l'a gagnée par la clarté de son plan de course, Cornut-Chauvinc par la patience. Deux qualités que ce format récompense naturellement, parce qu'il ne pardonne ni l'excès d'ego en début de course ni les calculs approximatifs. Ce que révèle vraiment cette édition, c'est que le MIUT construit sa propre mythologie, indépendamment des grandes plateformes. C'est suffisamment rare pour être signalé.
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