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Zegama VK 2026 : Angermund gagne après 16 mois de suspension, Brinkman s'impose sur parcours réduit

Par Marc Blanc··4 min de lecture
Zegama VK 2026 : Angermund gagne après 16 mois de suspension, Brinkman s'impose sur parcours réduit

Pluie, boue et tracé raccourci : le Vertical Kilometer de Zegama 2026 s'est joué dans des conditions sévères. Stian Angermund et Nienke Brinkman, deux anciens vainqueurs du marathon, signent leurs chronos respectifs avec un dossier biographique qui pèse dans la lecture des résultats.

DossierZegama-Aizkorri 2026
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La pluie a forcé les organisateurs à revoir leur copie. Mais le résultat du Vertical Kilometer de Zegama 2026 ne se résume pas à une histoire de météo : Stian Angermund, suspendu seize mois pour dopage, est revenu au sommet d'une épreuve du calendrier international. Le circuit mountain running en prend note, qu'il le veuille ou non.

Le 15 mai, avant le marathon du 17, Zegama accueillait son VK dans des conditions dégradées. De fortes pluies ont contraint les organisateurs à raccourcir le parcours : 5 km pour environ 760 mètres de dénivelé positif, sur un terrain exceptionnellement boueux. Stian Angermund (Norvège) s'est imposé chez les hommes en 32:47, Nienke Brinkman (Pays-Bas) chez les femmes en 38:21. Selon iRunFar, les deux sont d'anciens vainqueurs du marathon de Zegama. Angermund, suspendu seize mois après un test positif au chlortalidone lors de l'OCC 2023, signe ici son retour sur le devant de la scène internationale.

Un parcours tronqué par les orages basques

Selon iRunFar, de fortes pluies ont contraint les organisateurs à modifier le tracé prévu, ramenant la distance à 5 km pour environ 760 mètres de dénivelé positif. Le format original d'un Vertical Kilometer implique 1000 mètres de D+ sur moins de 5 km : cette édition n'a pas satisfait aux critères de l'exercice canonique. L'effort demandé reste brutal, mais le profil change de nature : moins vertical, plus horizontal, favorisant les coureurs polyvalents plutôt que les purs grimpeurs.

Trail runners climbing steep rocky terrain in heavy rainfall and thick fog, Basque Country mountain landscape, Aizkorri

Le Pays Basque a l'habitude de dicter ses conditions. Comme le rappelle iRunFar dans sa prévisualisation 2026 du marathon, les records du parcours tombent uniquement les années clémentes. En 2022, Kilian Jornet (3:36:40) et Nienke Brinkman (4:16:43) avaient inscrit leurs noms dans les chronos définitifs lors d'une édition exceptionnellement sèche. Le VK du 15 mai s'est joué dans la boue, et ses temps n'ont aucune valeur comparative avec les éditions précédentes.

Angermund : un retour qu'on ne peut pas lire sans contexte

32:47. Stian Angermund franchit la ligne en tête. Sur un parcours tronqué et dans des conditions difficiles, la performance est propre. Ignorer ce qui précède serait un angle mort journalistique. Comme le signale iRunFar dans son bilan hebdomadaire du 18 mai 2026, le Norvégien a purgé une suspension de seize mois après un test positif au chlortalidone lors de l'OCC 2023 en France. Le chlortalidone est un diurétique classé agent masquant par l'Agence mondiale antidopage.

La sanction a été appliquée, la procédure suivie. Ce n'est pas ici le sujet. Le sujet, c'est que le trail running international n'a pas de protocole clair pour narrer le retour d'un athlète suspendu. Pas de case cochée, pas de signal officiel : on reprend la course là où on l'a laissée. Angermund était un vainqueur du marathon de Zegama avant sa suspension ; il gagne le VK quelques semaines après son retour. Le circuit absorbe et avance. Que cela suffise ou non est une question que le milieu esquive.

Female trail runner finishing a mountain vertical kilometer race in the Basque Country, exhausted and triumphant, muddy

Brinkman : la cohérence d'une double patronne de Zegama

Nienke Brinkman n'a pas laissé de place au doute chez les femmes : 38:21, première sur un tracé que la pluie avait rendu dangereusement glissant. Ce n'est pas son premier fait d'armes sur ce terrain. Elle détient le record féminin du marathon de Zegama depuis 2022 (4:16:43), tel que rappelé par iRunFar dans sa couverture live de l'édition 2026. Sa victoire sur le VK confirme un ancrage à Zegama qui dépasse la simple journée de forme.

Deux jours plus tard, le 17 mai, Tove Alexandersson (Suède) lui a pris ce record lors du marathon, selon iRunFar, qui la désigne nouvelle championne et détentrice du record du parcours féminin. La Néerlandaise reste néanmoins la patronne du VK 2026. Ce week-end lui offre une victoire et un record qui s'efface : le bilan est ambivalent, mais l'athlète reste debout.

Le VK face à l'incohérence de format sur le circuit World Cup

Quelques jours avant Zegama, la Transvulcania (îles Canaries) accueillait son propre Vertical Kilometer dans le cadre du Mountain Running World Cup. Selon iRunFar, Joyce Njeru (Kenya) avait dominé chez les femmes en 55:02, et Richard Omaya Atuya (Kenya) chez les hommes en 45:01. Deux courses sous le même label, deux formats distincts, deux conditions météo radicalement différentes, des chronos impossibles à comparer.

Ce rapprochement illustre une tension structurelle du circuit. À 760 mètres de D+ sur 5 km, Zegama 2026 était davantage un sprint vertical modifié qu'un VK au sens strict. Si chaque manche du World Cup peut revoir son profil en fonction des conditions, le label perd sa valeur comme outil de comparaison entre athlètes. La standardisation du format VK reste un chantier ouvert.

Point de vue éditorial

Notre lecture : ce VK restera une épreuve de circonstance, défigurée par la pluie avant que la boue ne termine le travail. Les temps ne valent rien comme référence, les comparaisons sont impossibles. Ce qui vaut, c'est ce que cet épisode met en lumière. D'abord, le retour d'Angermund : une sanction purgée ne crée pas d'obligation de silence, mais elle ne commande pas l'amnésie automatique non plus. Le milieu du trail gagnerait à se doter d'un discours explicite sur ces retours, plutôt que de laisser chaque organe de presse naviguer seul entre procès instruit et oubli commode. Ensuite, la question du format VK sur le World Cup : 3/5 en termes de cohérence et de standardisation des épreuves labellisées. Le Pays Basque, lui, reste fidèle à sa réputation : 5/5 pour le caractère, quelles que soient les conditions.

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