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Zegama 2026 : 25 ans, 2 736 m de D+ et un mur de bruit nulle part ailleurs en trail

Par Marc Blanc·16 mai 2026·5 min de lecture
Zegama 2026 : 25 ans, 2 736 m de D+ et un mur de bruit nulle part ailleurs en trail

Le 17 mai 2026, Zegama-Aizkorri fête son quart de siècle avec un plateau exceptionnel et des dizaines de milliers de spectateurs dans les montagnes basques. Un classique immuable qui dit quelque chose d'essentiel sur l'état du trail mondial.

Vingt-cinq éditions. Quarante-deux kilomètres. Et un seul passage qui suffit à justifier le déplacement depuis n'importe quel point d'Europe : Sancti Spiritu, 600 mètres de pente tapissée de supporters basques en état de transe collective. Le 17 mai 2026, Zegama-Aizkorri ne célèbre pas seulement sa longévité. Il rappelle à tout le trail mondial pourquoi certaines courses deviennent des références que rien ne peut remplacer.

Le 25e marathon de Zegama-Aizkorri s'élance à 9h00, heure locale, depuis le village de Zegama, dans les montagnes du Pays Basque espagnol. Quarante-deux kilomètres, quatre sommets, 2 736 mètres de dénivelé positif : le format n'a jamais varié d'un mètre, et c'est précisément là sa force. Selon iRunFar, qui déploie son équipe sur place pour une couverture intégrale du week-end, des dizaines de milliers de spectateurs sont attendus dans les montagnes et la vallée entourant Zegama. Sara Alonso, tenante du titre 2025, figure au plateau et a accordé un entretien vidéo à iRunFar avant la course. L'édition jubilé s'annonce comme l'une des plus attendues de l'histoire de l'épreuve.

Un marathon de montagne qui n'a rien d'un marathon classique

Quarante-deux kilomètres : la distance trompe. Sur route, c'est un effort de deux à trois heures pour les meilleurs mondiaux. À Zegama, c'est une confrontation directe avec 2 736 mètres de dénivelé positif, soit l'équivalent d'enchaîner environ neuf fois la Tour Eiffel en altitude, sans jamais trouver de plat pour souffler. Dans sa preview 2026, iRunFar détaille un profil impitoyable : les seize premiers kilomètres sont quasi-intégralement en montée vers le sommet d'Aratz. Vient ensuite la descente, puis la remontée vers Sancti Spiritu à 20 km, une nouvelle descente, une montée plus courte, et enfin douze kilomètres de retour au village.

Elite trail runners ascending the steep Sancti Spiritu climb at Zegama-Aizkorri marathon, thousands of cheering Basque s

Quatre sommets au programme : Aratz, Aizkorri, Aitxuri, Andraitz. La densité de l'effort, autour de 65 mètres de dénivelé positif par kilomètre, place Zegama dans la catégorie des marathons de montagne les plus exigeants du calendrier mondial. Plus proche, dans sa nature, de Sierre-Zinal (31 km, environ 2 200 m de D+ dans les Alpes valaisannes) que de n'importe quel ultra de longue distance, Zegama représente un genre à part : l'intensité maximale, compressée sur un format que le grand public peut encore comprendre d'un coup d'œil.

Sancti Spiritu, le passage qui a construit une réputation mondiale

À 20 km du départ, il y a une montée. Ou plutôt une expérience collective sans véritable équivalent dans le trail européen. Sancti Spiritu, ses 600 mètres de déclivité sévère, est ce qu'iRunFar appelle le "wall of noise" : un couloir humain où des milliers de supporters basques transforment une pente de montagne en scène qui ressemble davantage à une finale olympique qu'à une épreuve nature.

C'est le passage le plus photographié de la course, selon iRunFar, et il conditionne la tactique de chaque athlète depuis 25 ans. Arriver à Sancti Spiritu avec de l'avance, c'est puiser dans l'énergie de la foule pour tenir. Arriver en difficulté, c'est risquer d'y laisser les dernières réserves mentales. Peu de sections de course au monde exercent ce pouvoir-là sur une compétition entière. Pour l'édition anniversaire, ce mur de bruit sera décuplé : les dizaines de milliers de spectateurs attendus que rapporte iRunFar dans sa couverture dessinent une ambiance que même les grands rassemblements alpins reproduisent rarement.

Trail runners on rocky technical ridgeline terrain near Aizkorri summit in Basque Country Spain, overcast dramatic sky,

Un plateau qui joue dans la catégorie historique

iRunFar qualifie l'édition 2026 de "giant elite field" dans son article de couverture live, et l'archive du site confirme le niveau d'exigence habituel. En 2025, Elhousine Elazzaoui et Sara Alonso avaient remporté l'épreuve selon iRunFar. Alonso est de retour en 2026 : elle a accordé un entretien vidéo à iRunFar avant le départ, signal clair d'une préparation assumée et d'une défense de titre construite. Marta Martinez, régulièrement présente dans les archives Zegama d'iRunFar, figure également dans la preview 2026.

Le niveau féminin s'annonce ouvert, ce qui est rare dans une course qui a souvent vu ses lauréates s'imposer avec des marges franches. Du côté masculin, les sources disponibles ne permettent pas de confirmer la liste complète, mais iRunFar ne déploie pas une couverture de ce calibre pour une édition ordinaire. La dynamique du plateau confirme que la 25e édition attire l'élite mondiale comme un aimant.

Zegama, une anomalie positive dans le trail contemporain

Le trail a changé en 25 ans. Les distances ont explosé, les formats prolifèrent, les marques investissent, les classements se fragmentent entre ultra, skyrunning, marathon, vertical. Zegama, lui, n'a pas bougé. Même distance. Même dénivelé. Même village. Même foule. C'est une anomalie positive, et une leçon de fond.

La fixité du format a permis à la course de construire une légitimité historique que beaucoup d'épreuves plus récentes ou mieux financées ne possèdent pas. Comparer les performances à travers les décennies devient possible. La progression, ou la régression, se lit dans les temps de manière irréfutable. iRunFar, dans son article de fond consacré à Kilian Jornet comme "ambassadeur de notre sport", identifie ce qu'il y a de précieux dans les figures qui traversent plusieurs générations de trail : une capacité à repousser les limites sans jamais rompre avec l'essence de l'effort montagnard. Zegama tient le même rôle pour les courses. Il est une mesure étalon dans un sport qui a parfois tendance à s'étourdir dans la course vers le toujours-plus.

Ce que la 25e édition révèle vraiment

Notre lecture : Zegama-Aizkorri 2026 n'est pas simplement un anniversaire. C'est un révélateur. Dans un calendrier saturé de nouvelles épreuves prometteuses, les courses qui résistent à l'inflation des formats ont une valeur rare, presque documentaire. Elles offrent un point fixe dans un sport en perpétuel mouvement, et c'est exactement ce dont le trail a besoin pour mesurer sa propre évolution.

La vraie question que cette 25e édition va poser : le trail de sommet court, intense, spectaculaire et populaire au sens le plus littéral du terme résiste-t-il à l'ultra-trail, qui capte aujourd'hui l'essentiel de la couverture médiatique et des budgets des marques ? La réponse sera dans les temps de passage à Sancti Spiritu le 17 mai 2026, et dans les dizaines de milliers de visages qui les accueilleront.

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