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Zegama 2026 : 11 victoires, 19 ans, et Kilian Jornet favori pour le 25e anniversaire

Par Marc Blanc··4 min de lecture
Zegama 2026 : 11 victoires, 19 ans, et Kilian Jornet favori pour le 25e anniversaire

Ce 17 mai, la Zegama-Aizkorri dispute sa 25e édition avec Kilian Jornet en tête d'affiche. Onze titres, un record à 3h36'40 et la menace de son propre coéquipier : l'enjeu de cet anniversaire dépasse largement la course elle-même.

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Dix-neuf ans après sa première victoire, Kilian Jornet repart de la même ligne de départ. La Zegama-Aizkorri dispute ce dimanche 17 mai sa 25e édition, et l'homme qui a gagné onze fois ce marathon de montagne est encore une fois le favori. Il n'y a rien d'acquis là-dedans.

Ce 17 mai 2026, la Zegama-Aizkorri marque son quart de siècle d'existence avec Kilian Jornet en tête d'affiche et ses 11 victoires au palmarès. Selon Runners World Italia, le Catalan du Team NNormal fait face à un plateau dense, dont son propre coéquipier Elhousine Elazzaoui comme menace principale. Sur ce parcours de 42 km traversant quatre sommets du Pays Basque (Aratz, Aizkorri, Aitxuri, Andraitz), les références absolues sont les records établis en 2022 : 3h36'40 côté hommes par Jornet lui-même, 4h16'43 côté femmes par la Néerlandaise Nienke Brinkman, selon iRunFar, qui couvre l'événement en direct depuis le début de semaine au Pays Basque.

Quarante-deux kilomètres qui ne ressemblent à aucun marathon

La Zegama-Aizkorri est née en 2002. Son tracé en boucle n'emprunte pas les routes du plat pays : il enchaîne quatre sommets du Pays Basque espagnol, l'Aratz, l'Aizkorri, l'Aitxuri et l'Andraitz. Comme l'a documenté Runners World lors de l'édition 2022, les coureurs progressent sur des terrains techniques où la lecture du sol prime autant que la condition physique brute. Comparer ce marathon à une course sur route, c'est comparer une escalade à une marche nordique.

La signature de Zegama, c'est aussi son public. Le Pays Basque déploie des gradins humains sur des crêtes où aucune route ne mène, créant un couloir de bruit et de chaleur unique dans le circuit mondial. iRunFar, sur place pour cette édition anniversaire, qualifie le plateau 2026 d'exceptionnel. Chez un média aussi rigoureux, ce qualificatif n'est pas employé à la légère.

Onze titres sur vingt-cinq éditions : une anomalie statistique

Kilian Jornet a remporté sa première Zegama en 2007, sixième édition d'une course qui n'avait pas encore la stature qu'elle a aujourd'hui. Runners World Italia précise qu'il aborde ce 25e anniversaire fort de 11 victoires sur ce seul parcours, soit presque la moitié des éditions disputées depuis 2002.

Pour mesurer ce que représente ce bilan : à l'UTMB, aucun athlète n'approche une telle cohérence sur une même course. À Sierre-Zinal, pareil. Zegama est peut-être la seule course de montagne de référence mondiale sur laquelle un athlète a pu imposer une domination aussi structurée et aussi longue sur l'ensemble de sa carrière.

Dans un texte publié sur iRunFar, l'auteur Dakota Jones décrit Jornet comme l'athlète le plus accompli de l'histoire du trail, avec une intensité farouche dissimulée derrière un calme apparent. Cette lecture correspond exactement à la mécanique de ses victoires à Zegama : pas de coup de force en début de course, mais une gestion d'effort qui finit par épuiser ses concurrents dans le dernier tiers du parcours. Il a 38 ans en ce mois de mai 2026. Il reste favori.

3h36'40 : ce que le saut de 2022 a changé dans l'histoire de la course

Avant 2022, les records de Zegama dataient de 2017 : 3h45'08 pour les hommes (le Norvégien Stian Angermund-Vik) et 4h34'27 pour les femmes (l'Espagnole Maite Maiora), selon iRunFar. Ces marques avaient tenu cinq ans, sur un circuit qui ne tolère pas les approximations.

En 2022, tout a changé en une journée. Jornet a bataillé avec l'Italien Davide Magnini pendant plus de la moitié du parcours, comme le rapporte Runners World, avant de s'extraire définitivement aux alentours du 26e kilomètre. Temps final : 3h36'40, soit neuf minutes de mieux que le record précédent. Dans la même journée, Nienke Brinkman effaçait la marque féminine de 18 minutes entières. Deux records pulvérisés massivement le même jour : ce n'est pas une évolution graduelle, c'est une rupture de niveau.

Ramenée à la cadence kilométrique sur 42 km, la performance de Jornet tourne autour de 5'09" par kilomètre sur terrain montagneux. C'est le plancher que les challengers de 2026 doivent désormais viser pour prétendre à l'histoire.

Elazzaoui face à Jornet : quand la menace vient de l'intérieur

Runners World Italia identifie Elhousine Elazzaoui comme la principale menace pour Jornet sur cette édition. La complication : les deux courent sous les couleurs de Team NNormal. Pas de consigne publique connue, pas de hiérarchie affichée.

Sur un parcours de cette nature, la question se règle généralement dans le dernier tiers de course, quand les organismes ont épuisé leur marge d'erreur et que chaque choix de rythme devient définitif. C'est précisément là que Jornet a construit sa légende à Zegama. Mais ses adversaires ont eu des années pour étudier ses schémas. La nouveauté de 2026, c'est que la menace ne vient plus de l'extérieur : elle partage les mêmes couleurs et la même structure d'entraînement.

Zegama dit quelque chose que le trail ne dit pas assez souvent

Cette 25e édition pose une question rarement formulée dans notre sport : une course peut-elle survivre à son propre mythe et rester compétitivement pertinente sans se réinventer ? La réponse, à lire les sources disponibles, est oui, et pas par hasard.

Zegama n'a pas eu besoin de gonfler ses distances, de multiplier ses formats ou d'acheter sa visibilité. Le parcours suffit. L'histoire suffit. Le public basque suffit. Ce modèle épuré est une leçon que beaucoup d'organisateurs gagneraient à examiner. Notre verdict : Zegama reste la référence absolue du trail marathon mondial précisément parce qu'elle n'a jamais essayé de devenir autre chose. Le retour de Kilian Jornet n'est pas une opération de communication. C'est la preuve que cette course a encore quelque chose à lui offrir, à 38 ans, après onze victoires, sur un terrain qu'il connaît depuis 2007. Ce n'est pas un hommage, c'est une compétition.

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