Thibaut Garrivier battu de 9 minutes à Oh Meu Deus : déjà sur une course encore plus dure

Grand favori du 100k d'Oh Meu Deus by UTMB, Thibaut Garrivier a cédé neuf minutes à Thibault Athané. Sa réaction immédiate : annoncer une course plus difficile que prévu, sans chercher à se ménager.
Grand favori, battu de neuf minutes. Thibaut Garrivier finit deuxième du 100k d'Oh Meu Deus by UTMB et, dans la foulée, annonce avoir pris un dossard sur une course encore plus exigeante. Pas de silence radio, pas de rétropédalage : le cap est maintenu, à la hausse.
Début mai 2026, le 100k d'Oh Meu Deus by UTMB à Seia (Portugal), disputé dans la Serra da Estrela, a proposé une confrontation masculine parmi les plus serrées de la saison. Thibault Athané (France, équipe Mount-to-Coast) s'est imposé en 9h50, devançant Thibaut Garrivier de neuf minutes précisément (9h59). D'après iRunFar dans son édition du 4 mai 2026, les quatre premiers hommes ne se sont séparés que de 13 minutes sur l'intégralité des 100 kilomètres. Athané, septième de la TDS 2025, a dominé par la gestion d'effort, battant celui que des publications Instagram suivant la course présentaient comme le grand favori au départ. Garrivier, lui, a publié le 5 mai sur son compte Instagram une note sans fioritures : une belle course se profile, et il l'appréhende "un petit".
13 minutes pour quatre hommes : la course que rien ne garantit
La 100k d'Oh Meu Deus se dispute dans un terrain où chaque relâchement se paye. Seia et la Serra da Estrela offrent un profil abrasif, une technicité qui sollicite autant la concentration que l'endurance pure. Voir les quatre premiers hommes regroupés en 13 minutes sur ce type de parcours n'a rien d'anodin : la décision s'est jouée sur des micro-détails, pas sur un rapport de force global.

Athané en 9h50, Garrivier en 9h59, c'est 5,4 secondes d'écart par kilomètre. Une frontière poreuse, celle qui bascule sur un ravitaillement raté ou dix minutes de gestion approximative dans un col difficile. Selon iRunFar, le 100 miles de la même journée a vu Rubén Diéguez Quiroga (Espagne) s'imposer en 21h42, devant Paulina Krawczak (Pologne), deuxième scratch en 22h42. Le niveau global de l'événement était soutenu du haut en bas des résultats.
Athané domine par l'intelligence de course : ce que ce scénario enseigne
Thibault Athané n'était pas le nom qui s'imposait spontanément dans les pronostics. Sa progression est discrète mais solide : septième de la TDS 2025, intégration dans le nouveau team Mount-to-Coast. C'est précisément sa gestion de course qui a fait basculer le résultat, comme le souligne un post Instagram revenant sur l'issue de la 100k. Battre le favori sur la durée, pas sur la puissance brute.
Ce type de victoire a une valeur particulière sur les longues distances. Sur 100 kilomètres, le coureur qui distribue mieux son effort sur les premières heures dispose d'une réserve que le plus fort physiquement n'a pas toujours. La septième place d'Athané à la TDS 2025 avait déjà prouvé qu'il savait gérer un effort prolongé dans la difficulté. Oh Meu Deus confirme qu'il sait aussi choisir le moment d'accélérer.
Un dossard plus dur : Garrivier joue la relance vers le haut
Ce qui retient l'attention après cette course, ce n'est pas tant la défaite que la réaction. Entre le 1er et le 3 mai, lors d'un événement SUUNTO, un post Instagram dans l'univers de Garrivier annonce qu'il a pris un dossard sur une épreuve "encore plus dure" que celle initialement inscrite à son calendrier. Le ton est direct, avec une autodérision qui suppose une vraie lucidité sur le choix effectué.
Puis le 5 mai, après Oh Meu Deus, son compte Instagram confirme la direction : une belle course se profile, et il l'appréhende. Ce n'est pas une formulation lissée pour rassurer les sponsors. C'est la description d'un coureur qui mesure l'obstacle sans le minimiser. Il y a quelque chose de cohérent là-dedans : ne pas reculer sur le niveau de difficulté après une deuxième place, mais monter d'un cran. C'est la logique des athlètes qui construisent sur la durée, pas de ceux qui pilotent leur image à court terme.
La France trail 2026 : une densité qui recompose les hiérarchies
Deux Français dans les deux premières places d'un 100k labellisé UTMB à l'étranger, quatre coureurs dans une fenêtre de 13 minutes : c'est un signal clair sur la profondeur du trail français élite ce printemps. La génération actuelle ne se construit plus autour d'une seule grande échéance annuelle. Elle multiplie les formats, les distances, les géographies.
Garrivier en est l'illustration : événement SUUNTO début mai, 100k au Portugal, course encore plus exigeante en approche. Un calendrier qui ressemble moins à une stratégie de protection de résultats qu'à un programme pensé pour accumuler de la résistance. La rivalité naissante avec Athané, si elle se confirme sur d'autres formats, sera l'une des plus intéressantes à suivre dans la catégorie 100k française. Ce type d'exposition répétée à la compétition serrée forge des athlètes capables d'absorber l'adversité sans en être ébranlés.
Ce que cette deuxième place révèle vraiment
Neuf minutes perdues sur 100 kilomètres face à un adversaire qui a mieux géré son effort, ce n'est pas une contre-performance : c'est une information exploitable. Notre lecture : Garrivier est exactement au bon niveau de difficulté pour progresser. Être le favori battu de peu dans une course aussi dense prouve qu'on se situe dans le bon registre de compétition. La réaction immédiate, aller chercher une course encore plus dure, est la seule réponse cohérente avec ce profil. La saison 2026 s'annonce longue, et Garrivier n'a visiblement pas l'intention de la passer dans sa zone de confort. C'est précisément ce qu'on attend d'un coureur qui vise le haut de l'affiche, et non le bas du risque.
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