K2 Valtellina 2026 : 2 000 m de D+ en 9 km et un circuit VK qui change la donne

2 000 m de D+ en 9 km sur les pentes de Valtellina, un record qui résiste depuis deux ans : la K2 Valtellina Extreme Vertical Race ouvre ses 250 dossards pour juin 2026 et intègre un nouveau circuit à trois étapes.
Deux mille mètres de dénivelé positif en neuf kilomètres. Sur ce type de tracé, le moteur aérobie seul ne suffit pas : il faut une force dans les jambes et une résistance à la douleur que l'entraînement de fond ne garantit pas. La K2 Valtellina Extreme Vertical Race, dont les inscriptions sont ouvertes depuis le 18 avril 2026, ne court pas après le grand public.
Programmée le samedi 21 juin 2026 en Basse Valtellina, dans une zone naturelle classée FAI (Fondo per l'Ambiente Italiano), la K2 Valtellina Extreme Vertical Race fête sa 8e édition avec un format identique à ses origines : 250 dossards maximum, 9 km, 2 000 m D+, arrivée à 2 272 mètres d'altitude. Le tracé est certifié Vertical Kilometer Course par l'ISF International Skyrunning Federation. Selon corsainmontagna.it, les records à battre sont ceux du Suisse Roberto Delorenzi (1h16'22", champion du monde de skyrunning) et de l'Autrichienne Andrea Mayr (1h24'46"). Mais la vraie nouveauté de 2026 est structurelle : la naissance du VAM Vertical Challenge, premier circuit régional en trois étapes regroupant trois associations indépendantes.
22 % de pente moyenne : une densité d'effort que les chiffres peinent à restituer
La certification Vertical Kilometer Course de l'ISF International Skyrunning Federation pose un cadre exigeant. Le K2 Valtellina le dépasse : 2 000 m D+ en 9 km représentent une pente moyenne de 22 %. Pour situer cette réalité, c'est l'équivalent de gravir la Tour Eiffel (324 m) six fois consécutives, sans jamais redescendre d'un mètre, sur un terrain alpin.

L'UTMB totalise environ 10 000 m D+ sur 171 km, soit une pente moyenne de 5,8 %. La K2 Valtellina comprime presque la même intensité musculaire en une plage d'une heure à une heure et demie, dans la zone de puissance maximale soutenue que les physiologistes associent à l'épuisement glycolytique rapide. Ce n'est pas du trail avec un beau dénivelé. C'est une discipline à part entière.
Selon corsainmontagna.it, les premiers repérages ont déjà démarré pour sécuriser le tracé 2026, le couloir supérieur se désenneigant progressivement après un hiver particulièrement chargé. Le format n'est pas figé dans un protocole immuable : la montagne conserve sa part d'inconnu, et c'est précisément ce qui rend la course réputée parmi ses spécialistes.
1h16'22" qui tient depuis deux ans : ce que la résistance d'un record dit d'un tracé
Il y a deux ans, Roberto Delorenzi a inscrit son nom sur le chrono masculin de référence dans des circonstances particulières. Selon corsainmontagna.it, cette édition incluait, en section finale, 200 m de dénivelé sur des marches taillées dans la neige. Ces conditions nivales ont probablement offert une surface plus directe que les sentiers rocheux habituels, favorisant un temps exceptionnel.
L'an dernier, Daniel Thedy, l'un des spécialistes les plus solides du VK européen actuel, n'a pas réussi à passer sous la barre du champion du monde suisse. Quand un record tenu par un champion du monde résiste à un concurrent de ce niveau, c'est rarement de la conjoncture. C'est le signe que le chrono de référence a été établi dans une configuration rare, difficile à reproduire à la commande.
Pour situer l'intensité de ces performances : Delorenzi a gravi 2 000 m D+ à une vitesse ascensionnelle d'environ 1 570 m/heure, soit un mètre de dénivelé gagné toutes les 2,3 secondes, pendant plus d'une heure. Andrea Mayr affiche une vitesse ascensionnelle d'environ 1 415 m/heure. Ces chiffres rapprochent davantage ces athlètes de l'alpinisme de compétition que du trail classique. La structure des primes encourage la tentative : un prix spécial est attribué à tout athlète battant l'un des deux records existants, en plus des récompenses prévues pour les dix premiers hommes et femmes.

Trois associations, un circuit : la réponse locale à la standardisation du trail
C'est la nouveauté la plus significative de 2026. Selon corsainmontagna.it, le VAM Vertical Challenge regroupe désormais trois épreuves : la Pasturo-Rifugio Brioschi VK2, la K2 Valtellina Extreme Vertical Race, et une troisième étape valdôtaine, la Vertical Trail Courmayeur Mont Blanc. Trois associations distinctes (Team Pasturo, K2 Valtellina ASD, ASD Courmayeur) ont coordonné leurs calendriers pour construire un circuit cohérent, avec un forfait global fixé à 110 euros au lieu de 125 euros pour les inscriptions séparées.
Cette démarche reproduit, à échelle coopérative et sans budget de production à six chiffres, la logique des grandes séries mondiales de skyrunning. Pas de dossards à 200 euros, pas d'exigences logistiques prohibitives pour les organisations. Trois associations qui mutualisent leur crédibilité pour offrir un format multi-courses à leurs communautés d'athlètes. Le sponsor titre VAM offre à tous les finishers des trois étapes un vêtement technique personnalisé. La récompense est modeste dans sa forme, concrète dans son symbolisme : elle matérialise l'appartenance à un circuit, pas seulement à une course.
Ce type de structuration horizontale est une réponse tangible à la centralisation progressive du trail compétitif de haut niveau. Le mouvement mérite d'être observé.
35 euros pour un dossard complet : le modèle économique qui interroge les grandes courses
L'inscription est fixée à 35 euros jusqu'au 16 mai, puis à 40 euros. Selon corsainmontagna.it, chaque participant reçoit : un dossard nominatif, la puce de chronométrage, quatre ravitaillements sur le tracé, le transport des sacs en altitude, le cadeau de finisher, le retour en bus vers la vallée, l'accès aux douches de la salle municipale de Talamona, et un repas typique valtellinais sous tente de réception.
Beaucoup de courses proposant un service comparable facturent ce package entre 70 et 120 euros. Le contingent de 250 participants rend l'équation viable : moins de volume, coût logistique maîtrisé, qualité de service préservée par construction. La jauge n'est pas une posture marketing : sur un tracé de cette nature, en zone protégée FAI, concentrer davantage de coureurs relèverait d'une imprudence que l'organisation refuse explicitement.
La politique sans plastique est inscrite au règlement sous peine de disqualification. Le partenariat avec l'Institut scolaire de Talamona, qui organise des sorties pédagogiques pour les élèves du primaire et du secondaire sur le territoire de la course, complète une cohérence de lieu rarement aussi lisible dans le milieu des courses de montagne.
La K2 Valtellina Extreme Vertical Race n'a pas vocation à figurer parmi les cinquante courses les plus médiatisées des Alpes. Ce n'est pas son projet, et ce n'est pas ce qui la rend intéressante. Deux cent cinquante dossards, un record qui résiste depuis deux ans, un tracé qui évolue avec la neige : c'est une course construite sur une identité de lieu, pas sur une stratégie de croissance.
Ce qui mérite vraiment attention, c'est la logique du VAM Vertical Challenge. La constitution de circuits régionaux par des associations indépendantes représente l'une des formes de résistance les plus claires à la standardisation progressive du trail compétitif. Là où les grandes séries éloignent l'athlète amateur par leurs tarifs et leurs contraintes, ce triptyque lombard-valdôtain lui propose une narrative sportive complète, des records à battre, un classement général, une récompense de finisher. Pour 110 euros. Le skyrunning vertical reste une niche. Mais dans cette niche, quelque chose se construit avec sérieux.
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