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25e Zegama-Aizkorri : Kilian Jornet peut-il réécrire une légende qu'il a lui-même créée ?

Par Marc Blanc··4 min de lecture
25e Zegama-Aizkorri : Kilian Jornet peut-il réécrire une légende qu'il a lui-même créée ?

Pour le 25e anniversaire de la course reine du trail marathon mondial, Kilian Jornet retrouve les sommets basques avec onze victoires et un record de 3:36:40 à défendre. Elhousine Elazzaoui, son coéquipier chez Team NNormal, incarne la première menace sérieuse.

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Onze victoires. Dix-neuf ans de domination. Un record amélioré de neuf minutes en 2022. À Zegama, Kilian Jornet n'est pas seulement le favori : il est l'histoire vivante de la course.

Dimanche 17 mai 2026, le village basque de Zegama accueille la vingt-cinquième édition de sa marathon de montagne. Un anniversaire avec une logique implacable : l'homme qui a remporté onze fois l'épreuve revient dix-neuf ans après sa première victoire, sur un parcours de 42 kilomètres où le record actuel porte son nom depuis 2022 (3:36:40). Elhousine Elazzaoui, son coéquipier chez Team NNormal, s'annonce comme l'adversaire le plus sérieux. iRunFar est déployé en direct depuis le Pays Basque espagnol pour la semaine de course, signe que cette édition anniversaire cristallise l'attention internationale du trail.

Quatre sommets, 42 kilomètres et une mythologie construite sur un quart de siècle

Zegama-Aizkorri, c'est une boucle de 42 kilomètres reliant quatre des plus hauts sommets du Pays Basque espagnol : Aratz, Aizkorri, Aitxuri et Andraitz. Le terme "marathon de montagne" n'est pas une métaphore flatteuse : la distance correspond littéralement à celle du marathon sur route, mais la topographie transforme radicalement l'exercice. Selon Runners World Italie, la course est régulièrement qualifiée de "la plus célèbre et la plus importante trail marathon du monde", une formulation qui traduit autant la densité du plateau que l'atmosphère créée par les spectateurs massés sur les crêtes.

Elite male trail runner leading a pack on a narrow rocky ridge in the Basque Country mountains, dramatic green limestone

En vingt-cinq ans, Zegama s'est imposée comme référence absolue dans ce format. Une course du dimanche, un village en fête, des pentes que le public transforme en arène naturelle. Elle n'a pas besoin d'être mise en scène.

Ce que les chiffres de 2022 révèlent du niveau actuel

Pour mesurer les enjeux de cette 25e édition, les données de 2022 sont incontournables. Comme le documente iRunFar dans son compte-rendu de cette année-là, Kilian Jornet a battu le record de la course de neuf minutes pour l'abaisser à 3:36:40. L'ancienne marque, établie en 2017 par le Norvégien Stian Angermund-Vik en 3:45:08, avait tenu cinq ans. Neuf minutes sur 42 kilomètres, c'est plus de douze secondes par kilomètre de mieux : un écart considérable sur un format d'endurance où chaque seconde se négocie sur les flancs des sommets.

La même journée, la Néerlandaise Nienke Brinkman avait effacé le record féminin de dix-huit minutes en 4:16:43, contre une marque datant également de 2017 (Maite Maiora, 4:34:27). Deux records simultanément réécrits avec des marges inhabituelles : le tableau d'ensemble signale un plateau qui a changé de génération, pas seulement d'individus.

11 victoires sur 25 éditions : le ratio qui résume tout

Onze titres pour Jornet sur vingt-cinq éditions, c'est une victoire sur deux, quasiment. Aucun autre athlète dans une grande classique de trail n'approche un tel ratio. Selon Runners World Italie, sa première victoire remonte à dix-neuf ans, ce qui situe ses débuts victorieux à Zegama vers 2007, à une période où le trail marathon cherchait encore ses propres codes.

Two elite trail runners racing hard on a steep technical ascent in the Basque mountains, one man slightly ahead strainin

Dans un texte publié par iRunFar, Dakota Jones le qualifie d'"athlète le plus victorieux que notre sport ait jamais connu" et écrit qu'il "dit peu mais rit souvent", décrivant une légèreté apparente qui cache à peine, selon ses propres mots, "un noyau de détermination intense". Cette lecture explique peut-être mieux que les statistiques pourquoi ses adversaires, même bien préparés, peinent à le déstabiliser sur ce terrain qu'il connaît comme nul autre.

Elazzaoui, la menace qui vient du même camp

La principale complication pour Jornet en 2026 vient de son propre collectif. Elhousine Elazzaoui, coéquipier chez Team NNormal, est identifié par Runners World Italie comme l'adversaire le plus à craindre. La situation est rare dans l'élite trail : deux coureurs du même sponsor, du même projet sportif, avec des ambitions convergentes sur la même course.

Cette proximité crée une dynamique tactique particulière. Sur les 42 kilomètres de Zegama, avec quatre sommets enchaînés sans récupération franche, gérer un coéquipier revient à courir contre sa propre lecture du tracé. Elazzaoui sait comment Jornet s'économise et quand il accélère. Jornet sait exactement ce qu'Elazzaoui peut tenir. La connaissance mutuelle peut être un avantage comme un piège.

La 25e édition crée sa propre pression narrative

Les éditions anniversaires ont une dramaturgie propre dans les grandes courses. À Western States ou à Hardrock, les éditions décennales attirent des champs de départ élargis et des attentes décuplées. À Zegama, la mécanique est identique, avec une couche supplémentaire : le champion qui revient sur sa propre légende, dix-neuf ans après son premier titre, sur un format qu'il a contribué à élever au rang de classique mondiale.

iRunFar annonce un plateau d'exception pour cette édition et couvre l'événement en direct depuis le Pays Basque. Le signal est clair : quand Jornet s'aligne, le niveau d'exigence monte d'un cran. Ses adversaires ne cherchent pas simplement à franchir la ligne en tête. Ils cherchent à inscrire leur nom dans une histoire que Jornet a largement écrite seul depuis 2007.

Notre lecture : cette 25e édition illustre une tension que le trail de haut niveau n'a toujours pas résolue. Jornet est à la fois l'attraction centrale et le plafond de verre de sa discipline. Sa présence élève le niveau des courses et, paradoxalement, rend plus difficile l'émergence de récits alternatifs. Elazzaoui représente peut-être la meilleure hypothèse d'une transition : un coureur formé dans la même philosophie, capable d'en reproduire les ressorts. Mais si Jornet franchit la ligne en tête dimanche, la vraie question ne sera pas de savoir si c'était prévisible. Ce sera de savoir si quelqu'un l'a vraiment mis en difficulté, parce que la question de l'après-Jornet à Zegama ne peut pas attendre indéfiniment.

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