MIUT 110k 2026 : Hartmuth gagne enfin après 3 tentatives, la France rafle le podium hommes

Katharina Hartmuth met fin à quatre ans de galères sur le Madeira Island Ultra-Trail en dominant la course de bout en bout. Vincent Esmiol mène un podium quasi tricolore sur la cinquième manche du World Trail Majors.
Trois tentatives avortées en trois ans. Une voiture qui percute une cycliste en plein entraînement. Une contusion osseuse au fémur découverte après l'atterrissage sur l'île même. Katharina Hartmuth avait toutes les raisons de ne jamais revenir à Madère. Elle était pourtant bien là, à minuit, samedi 25 avril, au départ de Porto Moniz. Et elle a gagné, avec près d'une heure d'avance sur la deuxième.
Pour sa 17e édition, le MIUT Legend 110k a rendu un verdict sans appel. Selon iRunFar, l'Allemande Katharina Hartmuth a bouclé les 109 km et 7 165 m de dénivelé positif du parcours point à point en 14h54:53, reléguant l'Américaine Helen Mino Faukner à plus de 55 minutes. Côté masculin, le Français Vincent Esmiol s'est imposé en 12h49:03, devant ses compatriotes Gautier Airiau (12h57:52) et Aurélien Dunand-Pallaz (13h25:07), avec l'Américain Tyler Green intercalé en troisième position (13h03:10). Cinquième manche du circuit 2026 World Trail Majors, la course s'est déroulée sur l'île portugaise de Madère, entre la forêt de lauriers de l'UNESCO et les crêtes volcaniques du Pico Ruivo.
La MIUT retrouve son tracé originel après un incendie dévastateur
En 2025, un grave incendie de forêt avait contraint les organisateurs à dérouter significativement le parcours. Pour cette 17e édition, comme le rapporte iRunFar, le tracé a retrouvé sa forme quasi originelle, résultat d'un effort de réhabilitation considérable mené sur les sentiers touchés par les flammes. Pour les coureurs, cela signifie le retour au voyage complet. Départ dans la laurisylve, forêt subtropicale classée au patrimoine mondial de l'UNESCO avec ses lauriers, ses mousses et ses fougères. Puis traversée de l'île d'ouest en est, montée vers le Pico Ruivo (1 862 m, checkpoint officiel au km 69,4), et long retour vers Machico après la traversée exposée du Pico do Areeiro.

Ce retour au tracé originel n'est pas anodin. Les incendies de végétation frappent la Méditerranée et la Macaronésie à un rythme qui s'accélère. Chaque course qui retrouve son parcours d'origine après une catastrophe naturelle est un acte de résistance autant qu'une victoire logistique. La MIUT 2026 fonctionne aussi comme un bulletin de santé du territoire qu'elle traverse.
Hartmuth : quatre ans de patience pour une heure d'avance
La victoire de Katharina Hartmuth appelle deux lectures simultanées. La narrative d'abord : en 2023, elle avait renoncé à la MIUT pour préserver ses forces en vue des Championnats du Monde de Trail. En 2024, un accident de vélo avant le départ l'avait contrainte à l'abandon. En 2025, une contusion osseuse au fémur, découverte une fois arrivée sur l'île, avait mis fin à l'aventure avant même qu'elle commence. Cette fois, selon iRunFar, elle était là, en forme, et elle n'a laissé aucun doute sur ses intentions.
Dès le checkpoint de Fanal (km 12), Hartmuth menait avec cinq minutes d'avance sur Mino Faukner. Au km 30, après dix kilomètres de montée continue, son avance sur la septième dépassait déjà une heure. Au km 44, elle franchissait le checkpoint en 5h56 de course. La deuxième lecture est donc purement athlétique : cette victoire n'est pas volée dans un sprint final ni construite sur le retrait des rivales. Elle est acquise par accumulation méthodique depuis les premières heures de nuit.
Cinquante-cinq minutes d'écart sur 109 km, c'est environ 30 secondes de gain par kilomètre. Pour donner une échelle au terrain : les 7 165 m de dénivelé positif représentent l'équivalent de deux ascensions du Mont-Blanc depuis Chamonix, réparties sur la totalité du parcours. Selon iRunFar : 14h54:53 pour Hartmuth, 15h50:00 pour Helen Mino Faukner, 15h54:22 pour la Canadienne Jazmine Lowther, qui a comblé dix minutes d'écart dans les derniers 13 km pour arracher la troisième place.

Esmiol, Airiau, Dunand-Pallaz : la profondeur tricolore en démonstration
La course masculine a raconté une histoire différente, plus tactique et plus incertaine jusqu'aux derniers kilomètres. Rod Farvard (États-Unis) et Vincent Esmiol (France) avaient poussé le rythme dès le départ, selon iRunFar. Tyler Green (États-Unis) a pris la tête au km 44. La hiérarchie définitive s'est dessinée dans les hauteurs : Esmiol est arrivé le premier au checkpoint du Pico Ruivo (km 69,4) en 8h56 de course, avec six minutes sur Dunand-Pallaz et sept sur Airiau.
La configuration a ensuite tenu. Au dernier checkpoint de Larano (km 96), Esmiol disposait de huit minutes de marge. Airiau et Green se disputaient les deuxième et troisième places dans un écart de moins de trois minutes. Résultat final selon iRunFar : Esmiol en 12h49:03, Airiau en 12h57:52, Green en 13h03:10, Dunand-Pallaz quatrième en 13h25:07. Trois Français dans les quatre premières places d'un ultra international, face à des contingents américain et canadien de qualité.
Cette configuration révèle une tendance de fond. Esmiol, Airiau, Dunand-Pallaz : trois profils, trois styles de course, une même capacité à tenir la distance sur des conditions variables. Sentiers boueux après les pluies nocturnes, chaleur montante en journée, brume persistante sur les crêtes : la MIUT 2026 n'a ménagé personne. Les Français ont tenu.
Cinquième manche du World Trail Majors : un positionnement qui s'affirme
La MIUT occupe désormais la cinquième place du calendrier 2026 du World Trail Majors, circuit qui structure la saison des coureurs de haut niveau. Cette position en fin avril en fait un rendez-vous charnière entre les premières manches et les grandes échéances estivales. Le 50k Discover de l'île est par ailleurs intégré à la World Trail Majors Short Series, ce qui élargit la portée de l'événement à un public plus large.
La MIUT présente un profil singulier. Départ de nuit, terrain volcanique, forêt primaire classée, traversée d'une île d'un bout à l'autre : ce n'est ni la boue des Western States, ni l'altitude des Hardrock 100, ni la technicité de Sierre-Zinal. C'est une course d'atmosphère autant que d'effort. Et c'est précisément cette singularité qui lui confère sa valeur dans un calendrier où les formats tendent parfois à se ressembler.
Ce que Madère dit du trail en 2026
La MIUT 2026 laisse deux images distinctes : une course féminine verrouillée par Hartmuth depuis le premier checkpoint, et une course masculine qui n'a trouvé sa forme finale qu'au-delà du km 70. Ce que cela révèle, c'est que la régularité dans l'effort prime sur la fulgurance tactique quand le terrain est aussi long et accidenté. Rappel utile à l'heure où le trail de compétition valorise parfois davantage la spectacularité que la solidité.
Mais la leçon la plus importante est peut-être ailleurs. Hartmuth a attendu quatre ans pour gagner une course qu'elle visait depuis 2023. Elle n'a pas cherché de substitut. Elle n'a pas capitulé face aux accidents et aux blessures. Elle est revenue. Ce type de fidélité à un objectif est devenu rare dans un calendrier qui multiplie les opportunités et incite à rebondir sur un autre événement après chaque contre-performance. Hartmuth a refusé ce jeu. La MIUT 2026 était sa course. Elle l'a prouvé avec une heure d'avance.
Que trois Français se soient en parallèle partagé trois des quatre premières places chez les hommes mérite aussi qu'on s'y attarde. Le trail tricolore ne cherche plus à prouver sa légitimité internationale : il la produit, semaine après semaine, sur les circuits qui comptent.
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