Malcesine Baldo Trail 2026 : double record, 1 100 coureurs, 32 nations sur le Lac de Garde

Deux chronos explosés le même matin sur le 16 km, 1 100 partants issus de 32 nations : la cinquième édition de l'ASICS Malcesine Baldo Trail confirme qu'un événement vient de franchir un palier.
Deux chronos pulvérisés en une seule matinée, sur seize kilomètres. Dans un programme à trois distances, la course courte devrait être la moins scrutée du week-end. Le Monte Baldo en a décidé autrement.
Le 4 mai 2026, l'ASICS Malcesine Baldo Trail fermait sa cinquième édition avec un double record sur la distance courte et un record de participation général. Selon Corsa in Montagna, 1 100 athlètes issus de 32 nations se sont élancés sur les trois formats du week-end (52 km, 26 km et 16 km). Le dimanche matin, 330 coureurs prenaient le départ du 16 km : Stefano Gardener (Team La Sportiva) établissait le record masculin en 1h22'27" pour sa première victoire sur ce tracé, pendant qu'Alessia Scaini, ambassadrice ASICS, améliorait son propre record et signait un troisième titre en 1h42'21". La veille, Rémy Valenti et Carina Helmreich s'adjugeaient le 52 km, Francesco Lorenzi et Martina Dal Bosco le 26 km.
Un 16 km plus pentu que la CCC, achevé en moins de deux heures
16 kilomètres et 1 185 mètres de dénivelé positif : 74 mètres de montée par kilomètre en moyenne. À titre de comparaison, la CCC de l'UTMB World Series affiche environ 60 mètres de D+ par kilomètre sur ses 101 km. Le format court du Malcesine Baldo Trail est proportionnellement plus exigeant en vertical que l'une des courses d'ultra les plus sélectives d'Europe. Il est simplement compressé dans un effort de moins de deux heures pour les meilleurs.

Le tracé grimpe jusqu'à 700 mètres d'altitude sur les sentiers de l'Alto Garda, passe à hauteur de la station médiane du téléphérique du Monte Baldo, puis descend vers l'arrivée à Malcesine. Corsa in Montagna rapporte des conditions météo optimales ce dimanche, ce qui rend la comparaison avec les chronos antérieurs particulièrement lisible.
Stefano Gardener, coureur du Trentin sous les couleurs de la Team La Sportiva, n'avait jamais couru ici. Il repart avec le record de l'épreuve masculine : 1h22'27", soit une allure moyenne d'environ 5'09" par kilomètre avec 1 185 mètres de dénivelé positif dans les jambes. Emanuele Manzi finissait deuxième en 1h25'57", Denny Ghidotti troisième en 1h26'26". L'écart entre le vainqueur et le deuxième dépasse trois minutes et demie. Ce genre de marge sur 16 km ne s'explique pas par une bonne journée de hasard.
Scaini, troisième titre et un record qu'elle améliore seule
Alessia Scaini abordait la ligne de départ avec deux victoires déjà inscrites sur ce parcours. Elle en repart avec un record amélioré. C'est précisément ce détail qui change la nature du troisième sacre : ce n'est pas une défense de titre, c'est une progression mesurable.
La convergence entre son statut d'ambassadrice ASICS et le naming rights ASICS de la course est parfaitement lisible en termes de communication. Mais réduire cette victoire à un exercice de relations publiques serait une erreur d'analyse. Battre son propre record sur un parcours qu'on connaît par cœur, c'est d'abord une affaire de forme physique et de course bien gérée. Nouveau temps de référence féminin : 1h42'21". Derrière elle, Alessia Pozzi terminait en 1h49'58" et Federica Panciera en 1h50'31", avec des écarts respectifs de sept et huit minutes. Une domination sans équivoque.
La question pour 2027 : est-ce que la montée en notoriété de la course attire des rivales capables de bousculer Scaini, ou reste-t-elle seule devant un plateau féminin qui ne se renouvelle pas suffisamment vite ?
1 100 coureurs, 32 nations : les chiffres qui ne s'achètent pas
Le record de participation est documenté par Corsa in Montagna : 1 100 partants, 32 nations représentées. Rapporté à l'UTMB, qui mobilise des dizaines de milliers de candidatures pour quelques milliers de dossards, le chiffre peut sembler modeste. Pour un trail à sa cinquième édition sur les rives du lac de Garde, il est significatif.

330 coureurs sur le seul 16 km du dimanche, soit près de 30 % du total des partants. La distance courte n'est pas un sas d'entrée, c'est un format à part entière qui capte des profils variés : des coureurs de montagne régionaux aux athlètes qui cherchent une intensité maximale sans l'engagement logistique d'un ultra. Sur 16 km avec 74 m de D+ par kilomètre, on ne vient pas se promener.
La diversité nationale reste l'indicateur le plus fiable de l'attractivité réelle d'un événement. Quand un coureur étranger intègre une course dans son agenda et organise un déplacement en Italie du Nord pour y participer, c'est qu'il a arbitré face à d'autres options disponibles le même week-end. Atteindre 32 nations à la cinquième édition, c'est avoir remporté ces arbitrages de façon répétée.
Bouger d'une semaine pour esquiver la saturation du calendrier trail
C'est le passage le plus révélateur du bilan publié par Corsa in Montagna. Dans l'entretien rapporté par le site, Claudio Arduini (VMR Team ASD) pose le problème sans détour : "Malgré un calendrier de courses de plus en plus chaotique, nous avons progressé en nombre et en internationalité. Cela signifie que nous travaillons bien." Le calendrier trail européen est saturé. La densification des rendez-vous sur les week-ends de mai crée une pression croissante sur les coureurs, les bénévoles et les sponsors.
La réponse de VMR Team : anticiper d'une semaine et fixer l'édition 2027 au dernier week-end d'avril. "Pour l'année prochaine et les éditions à venir, nous avancerons d'une semaine. Rendez-vous donc au dernier week-end d'avril 2027", précise Arduini selon Corsa in Montagna. Un ajustement de sept jours en apparence mineur, qui traduit une vraie lecture du marché. Fin avril, la concurrence est moins dense. Les agendas des coureurs internationaux, souvent arrêtés six à douze mois à l'avance, restent plus ouverts.
Arduini formule aussi une précision qui dit beaucoup sur la culture de VMR Team : "En tant que structure, nous avons une grande expérience dans les courses sur route, mais nous sommes relativement jeunes dans l'off-road. C'est pourquoi nous n'avons jamais voulu appuyer sur l'accélérateur." Venir de la route pour organiser du trail, c'est apporter une rigueur logistique réelle. C'est aussi accepter qu'on apprend les codes d'un milieu qui ne ressemble en rien à un marathon urbain.
Ce que révèle Malcesine 2026 dépasse le simple relevé de résultats. Le trail européen produit en ce moment une nouvelle génération d'événements qui cherchent à construire une identité propre plutôt qu'à gonfler les inscrits à tout prix. Deux records simultanés, 32 nations, un naming rights parfaitement aligné avec les victoires de l'ambassadrice de la marque, une organisation qui choisit de grandir lentement : c'est le résultat d'un travail méthodique sur cinq ans, pas d'une bonne saison isolée.
Le risque, à terme, sera de gérer la croissance sans diluer ce qui fait la singularité du tracé : ce 16 km proportionnellement plus pentu que la CCC, ce décor de lac alpin, cette course qui se court en moins de deux heures avec plus de 1 000 mètres de montée. VMR Team semble avoir compris cette équation, et le repositionnement calendaire d'avril 2027 est cohérent avec cette logique. Le vrai test sera de voir si les records de ce dimanche attirent, lors des prochaines éditions, des athlètes internationaux capables de les effacer.
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