Canyons by UTMB 100M 2026 : 161 km sur les terres de Western States, départ Auburn vendredi 24 avril

Le 24 avril 2026 à 12h00 PDT, la Canyons Endurance Runs by UTMB lance sa 100M sur 161 km et 5 550 m de dénivelé positif dans les canyons de la Sierra Nevada. Un plateau à 89% américain, une chaleur californienne redoutable et les enjeux du UTMB World Series en toile de fond.
Midi pile à Auburn, le vendredi 24 avril 2026. Le départ de la Canyons Endurance Runs by UTMB 100M envoie ses coureurs dans les canyons de la Sierra Nevada pour 161 km et 5 550 m de dénivelé positif. Soit près de quatre marathons enchaînés sur le territoire qui a littéralement inventé l'ultra-trail américain.
Pour sa 12e édition dans le circuit UTMB World Series, la Canyons Endurance Runs by UTMB rassemble près de 2 000 coureurs à Auburn, Californie, du 23 au 26 avril 2026. La 100M s'élance à 12h00 PDT, soit 21h00 à Paris, pour 161 km et 5 550 m de dénivelé positif. Selon utmb.world, 89% des participants sont américains, toutes distances confondues, et la participation féminine dans la 100M plafonne à 16% du plateau, contre 45% sur le 20K. Les élites internationales se concentrent principalement sur la 100K, vitrine de l'événement avec ses Golden Tickets pour la Western States 100 et ses places directes pour la finale du UTMB World Series à Chamonix.
Auburn, berceau d'un ultra qui assume pleinement son héritage
Auburn n'est pas un choix de terrain anodin. La ville, surnommée "Endurance Capital of the World", est le point d'arrivée de la Western States 100 depuis 1974, soit la première course de 100 miles jamais organisée. Courir dans ses canyons, c'est poser les pieds sur un sol saturé d'histoire. Selon utmb.world, les coureurs de Canyons traversent des segments iconiques de la Western States : Rucky Chucky, Devil's Thumb et le Swinging Bridge, profondément encastrés dans les gorges californiennes.

Pour ceux qui rêvent de Western States sans avoir décroché leur dossard, Canyons est une fenêtre unique. Un coureur cité par utmb.world dans sa présentation de l'événement le formule sans détour : "A lot of ultra-runners I look up to have run this course — now I get to do the same thing." Cette phrase résume mieux que n'importe quel communiqué le statut symbolique d'Auburn.
161 km, 5 550 m+ : la chaleur californienne comme variable déterminante
Le profil chiffré de la 100M est trompeur. Cinq mille cinq cent cinquante mètres de D+, c'est modeste comparé à l'UTMB (10 000 m+) ou au Hardrock 100 (environ 9 750 m+). Ce qui fait la réputation de ce tracé, c'est l'accumulation de chaleur et la longueur des sections roulantes. iRunFar, dans son analyse de l'édition 2025 de la 100K, souligne la caractéristique centrale du cours : après Devil's Thumb, Cal Street propose 20 miles de descente rapide qui ressemble à du repos mais fragilise les organismes déjà entamés. L'article précise également que la zone de départ à China Wall peut subir des conditions fraîches et humides, tandis que les parties basses, vers Auburn, accumulent une chaleur intense en cours de journée.
Gérer cet écart thermique sur 161 km impose une gestion de l'équipement et de l'hydratation que beaucoup sous-estiment. Runner's World, dans son guide des courses de 100 miles, rappelle que les températures dans les canyons de la Western States montent régulièrement au-dessus de 37°C. Sur une 100M démarrée à midi, ce facteur n'est pas marginal : il est décisif.

Un plateau à 89% américain, une 100K qui concentre l'attention médiatique
La 100M n'est pas l'épreuve qui aimante les meilleures cotes ITRA mondiales ce weekend. C'est la 100K qui joue ce rôle. Trail Runner Mag rappelle que la 100K a historiquement constitué la pièce maîtresse de l'événement, la plus fournie des quatre formats, notamment parce qu'elle distribue des Golden Tickets pour la Western States 100 et des entrées directes pour la finale du UTMB World Series. Ce double statut de Major UTMB et de qualification Western States crée une attractivité sans équivalent dans le calendrier du trail américain.
Côté noms, utmb.world cite Adam Peterman (Missoula, Montana) et Zach Miller parmi les favoris attendus dans la 100K. iRunFar a rapporté les victoires d'Emily Hawgood et Francesco Puppi sur ce même format en 2025. Pour la 100M 2026, le plateau reste massivement américain, avec une sélection qui opère davantage par l'attrition et la durée que par le niveau de l'élite mondiale. Aucun nom spécifique n'émerge des sources disponibles pour la tête de course 100M.
Les enjeux UTMB World Series pour qui vise Chamonix depuis Auburn
La 100M n'est pas sans enjeux dans l'économie du circuit. Trail Runner Mag rappelle que les dix premiers de la 100M décrochent une entrée directe pour la finale du UTMB World Series, parallèlement aux top 10 du 50K. C'est un levier réel pour les coureurs qui visent l'UTMB sans passer par les voies d'entrée classiques, soumises à la loterie ou aux Running Stones. Par ailleurs, selon utmb.world, tous les participants aux quatre formats accumulent des Running Stones en double pour la loterie de la finale mondiale : un avantage non négligeable pour les finishers de l'ensemble du plateau.
L'architecture en quatre distances (161 km, 100 km, 50 km, 25 km) est pensée pour capter un spectre large, du coureur régional au prétendant à Chamonix. Sur les 2 000 inscrits, la 100M s'inscrit comme l'épreuve de la ténacité pure, celle qui exige la gestion la plus fine sur la durée la plus longue, dans un territoire où les erreurs de rythme se paient comptant.
Ce que la 100M de Canyons révèle sur les hiérarchies silencieuses du circuit
La 100M de Canyons cristallise une réalité rarement formulée : dans le UTMB World Series, tous les formats ne jouent pas à égalité. La 100K brille, la 100M endure dans l'ombre. Pourtant, 161 km à partir de midi dans les canyons de la Sierra Nevada, avec 5 550 m sous les jambes et la chaleur californienne qui monte, ça reste l'un des défis les plus honnêtes que le trail peut proposer.
Le fait que seulement 16% de femmes s'alignent sur la 100M, quand elles représentent 45% du 20K, n'est pas anodin. C'est un état des lieux sur la façon dont la pratique se structure encore selon les distances et les représentations associées à l'ultra-distance. Auburn mérite qu'on lui accorde autant d'attention pour ses coureurs de fond que pour ses chasseurs de Golden Tickets.
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