Nike ACG Pegasus Trail : de l'entraîneur quotidien à la chaussure de 50 km

Avec une stack réhaussée à 39 mm et un caoutchouc ATC 2.0 entièrement reformulé, la Nike ACG Pegasus Trail change de catégorie. Le test d'iRunFar confirme l'ambition du label.
Le suffixe ACG ne doit rien au hasard. En accolant le label "All Conditions Gear" à sa Pegasus Trail, Nike revendique ce qu'elle n'avait jamais formellement assumé sur ce modèle : une légitimité terrain. La vraie question n'est pas de savoir si la chaussure est bien finie. C'est de mesurer si l'ingénierie tient enfin le rythme du marketing.
Kristin Zosel a soumis la Nike ACG Pegasus Trail à des centaines de kilomètres de test sur terrains variés, du single track sec au hardpack boueux. Son analyse, publiée sur iRunFar, dresse le portrait d'une chaussure polyvalente en nette progression. Vendue environ 145 €, elle embarque une stack de 39 mm au talon pour 31 mm à l'avant-pied, une chute ramenée de 9,5 à 8 mm par rapport à la Pegasus Trail 5, et un poids de 295 grammes en taille US 9 pour homme. Ces ajustements techniques cumulés font franchir à la Pegasus Trail une frontière symbolique : selon l'auteure, celle du 50 km en course.
Le label ACG, ou l'aveu public d'une ambition trail
Chez Nike, ACG signifie "All Conditions Gear". C'est la ligne outdoor historique de la marque, celle qui équipe alpinistes et amateurs de randonnée depuis les années 1980. L'apposer sur une chaussure de trail running n'est pas un détail de nomenclature : c'est un positionnement assumé.

La Pegasus Trail a longtemps été perçue comme un compromis honnête pour les coureurs urbains qui tâtent du sentier le week-end. Un bon entraîneur de route avec de la traction en plus, sans vraiment prétendre à plus. Avec le suffixe ACG, Nike signale qu'elle vise autre chose : le coureur qui s'identifie au trail, pas au bitume. Dans un marché où Hoka, Salomon et On se disputent les podiums des ultras depuis des années, ce repositionnement a une logique commerciale évidente.
La pratique du trail a explosé en France et à l'international au cours de la dernière décennie. Les marques de running classique ne peuvent plus se contenter de proposer une déclinaison de leur entraîneur de route avec des crampons ajoutés. Le marché les force à aller plus loin. La vraie question est de savoir si le produit suit le discours. Selon iRunFar, la réponse est oui, avec des nuances importantes.
Une stack réhaussée qui redessine le plafond de confort
Les chiffres de la midsole sont la vraie nouveauté de cette version. La Nike ACG Pegasus Trail passe à 39 mm au talon et 31 mm à l'avant-pied, contre 37 mm et 27,5 mm sur la Pegasus Trail 5. Soit 2 mm supplémentaires au talon et 3,5 mm à l'avant-pied. La mousse ReactX est conservée, mais l'épaisseur accrue change la donne sur les longues distances.
Kristin Zosel l'exprime sans détour dans son analyse pour iRunFar : sur la Pegasus Trail 5, son plafond de confort personnel se situait entre 21 et 24 km, avec 32 km encore gérables mais au prix d'un désir croissant de plus de coussin. Avec la version ACG et ses 39 mm sous le talon, elle estime la chaussure capable de tenir sur un 50 km sur terrain adapté. Ce n'est pas anodin : 50 km, c'est un marathon et quart, la distance à partir de laquelle articulations et voûte plantaire payent vraiment le prix du sol.
La mousse ReactX conserve sa signature ferme et réactive, avec un retour d'énergie qui favorise l'impulsion à la poussée. La protection contre les pierres s'améliore directement grâce à l'épaisseur accrue. Selon iRunFar, l'absence de rock plate reste la seule véritable lacune sur terrain vraiment cassant.

ATC 2.0 : quand le caoutchouc rattrape le terrain
La semelle extérieure évolue avec la génération ATC 2.0 (All Terrain Compound), caoutchouc propriétaire Nike entièrement reformulé. Les crampons mesurent 3,5 mm de hauteur. Pour situer le niveau : c'est celui d'une chaussure de trail polyvalente, en deçà des 5 mm d'une Hoka Speedgoat ou des profils plus agressifs conçus pour la boue épaisse.
Selon iRunFar, le gain de traction sur revêtement mouillé est réel et confirmé à l'usage : moins de glissades sur rochers humides, meilleure accroche sur hardpack pierreux en pente. La semelle est aussi légèrement plus large que sur la version précédente, ce qui améliore la stabilité latérale dans le cycle de foulée. Les découpes stratégiques maintiennent une flexibilité suffisante sur asphalte, conservant la polyvalence route-sentier qui définit la chaussure.
La limite est assumée par Zosel elle-même dans son analyse iRunFar : ces crampons ne sont pas taillés pour la boue épaisse du Pacifique Nord-Ouest ni pour les "fells" anglais. Sur terrain vraiment technique ou très gras, il faudra une autre chaussure. L'honnêteté de cette conclusion en dit autant sur la chaussure que sur le média qui la teste.
240 km au compteur : la durabilité valide le projet
À environ 240 km d'utilisation, Kristin Zosel rapporte dans son analyse iRunFar un état de la chaussure remarquablement préservé : tige sans déformation notable, semelle extérieure quasi intacte visuellement. Pour un modèle positionné comme entraîneur quotidien autant que chaussure de course, c'est un critère décisif. Personne ne veut investir 145 € dans une chaussure qui se dégrade au bout de trois mois.
La tige en mesh technique à pores plus resserrés a montré une bonne gestion de l'humidité entre -1 et 27 degrés Celsius testés. La suppression du film de recouvrement sur les flancs améliore la respirabilité et le drainage. Le pare-chocs en caoutchouc étendu jusqu'au milieu du pied renforce la protection contre les corps étrangers. L'élargissement de la boîte à orteils permet un meilleur étalement du pied sur les dévers modérés, un détail qui compte quand les sentiers deviennent moins prévisibles.
À noter également : les œillets de lacets ont été entièrement reconçus, abandonnant les boucles Flywire de la version précédente pour une couverture complète plus solide, comme le signale iRunFar. Ce n'est pas spectaculaire. Sur de longues sorties avec obstacles répétés, la solidité structurelle de l'ensemble fait pourtant la différence entre une chaussure qui se maintient et une qui part progressivement en lambeaux.
Ce que le virage ACG dit du trail en 2025
La Nike ACG Pegasus Trail ne révolutionne pas le trail running. Elle fait quelque chose de plus intéressant : elle banalise la compétence sentier dans une chaussure que les coureurs de route peuvent adopter sans rupture majeure. C'est précisément le segment que Nike cherche à conquérir.
Le label ACG est un signal fort. Il dit que Nike ne vise plus seulement le traileur du dimanche qui veut de la traction en cas d'imprévu. Elle revendique une place dans l'armoire de celui qui se définit comme traileur. Est-ce suffisant face aux spécialistes historiques ? Clairement pas sur les terrains engagés. Mais pour la grande masse des coureurs qui bouclent un 50 km annuel sur des chemins raisonnables, la chaussure répond à un besoin réel et grandissant.
La Pegasus Trail a toujours été honnête sur ses ambitions. Avec l'ACG, elle devient plus ambitieuse. Et l'analyse de Kristin Zosel pour iRunFar suggère que, cette fois, l'ingénierie a rattrapé le positionnement. C'est déjà beaucoup.
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